Total Return Swaps : Birame Waltako Ndiaye appelle à un débat fondé sur les faits

Au Sénégal, le débat sur les Total Return Swaps oppose leur défense comme outils de financement à la demande d’un contrôle parlementaire sur leur utilisation. Birame Waltako Ndiaye conteste l’idée que ces instruments constituent, par eux-mêmes, une nouvelle forme de dette dissimulée.

Dans sa tribune, l’auteur estime que l’analyse doit porter sur les modalités des opérations, leur coût, les risques assumés par l’État et le niveau de transparence. Xibaaru a publié cette tribune consacrée aux TRS. La tribune de Birame Waltako Ndiaye sur les TRS soutient également qu’une commission parlementaire ne peut reposer sur une compréhension approximative de ces mécanismes.

Selon lui, ces instruments permettent à un État d’obtenir des liquidités en échange du rendement d’actifs sous-jacents. Il affirme qu’ils ne sont « ni des emprunts ni des émissions d’obligation », mais qu’ils utilisent l’endettement existant comme levier. Le montage revient, dans sa formule, à « privatiser le bénéfice d’un actif en collectivisant le coût ».

Cette position intervient alors que le groupe parlementaire d’opposition Takku Wallu Sénégal a demandé, en avril 2026, la création d’une commission d’enquête sur l’utilisation des TRS par l’État. Les interrogations portent notamment sur un financement de 650 millions d’euros obtenu auprès d’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank.

Birame Waltako Ndiaye rappelle que le recours à ces instruments avait été mentionné dans le rapport économique et financier annexé à la loi de finances 2026. Il cite le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, selon lequel cette utilisation avait été rendue publique dans ce document.

L’auteur reconnaît toutefois que les TRS peuvent augmenter le coût des emprunts et exposer l’État à des risques financiers supplémentaires. Il leur attribue aussi des avantages possibles, notamment l’accès à des devises étrangères, la diversification des financements et, dans certaines circonstances, une réduction du coût d’emprunt par rapport aux euro-obligations classiques.

Pour illustrer les enjeux de transparence, il cite le Nigeria, où des obligations souveraines en nairas ont servi de garantie à un financement en dollars autorisé par l’Assemblée nationale, avec une échéance fixée à 2032. Il évoque également l’Angola, qui avait conclu en décembre 2024 un TRS d’un milliard de dollars avec JPMorgan pour un an, avant un appel de marge de 200 millions de dollars en avril 2025.

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