Dans le débat autour de la révision constitutionnelle au Sénégal, l’ancien député Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, a livré une analyse sans concession. Il démonte ce qu’il qualifie de « contre-vérités » portées par les promoteurs du texte. Il appelle les Sénégalais à dire NON, en avançant trois raisons principales.
Les trois contre-vérités identifiées par Bocoum sont d’abord liées aux engagements électoraux. « Toutes ces réformes figuraient dans les engagements pris devant les Sénégalais », dit-on. C’est faux, selon lui : le renforcement des pouvoirs du Premier ministre ne faisait pas partie du programme du candidat Bassirou Diomaye Faye et du Pastef, qui promettaient plutôt la suppression du poste au profit d’un vice-président. Ensuite, il conteste l’affirmation selon laquelle le texte adopté est le même que l’avant-projet. L’article 57, par exemple, n’y figurait pas, rappelle-t-il en se référant au document publié sur le site gouvernemental jubbanti.sec.gouv.sn. Senegal7 a vérifié ce document et confirme que l’article 57 n’apparaît pas dans l’avant-projet. Des amendements parlementaires ont également modifié la composition de la future Cour constitutionnelle. Enfin, il réfute que toutes les observations du Conseil constitutionnel aient été prises en compte : l’article 4, que le Conseil avait exigé de supprimer, est toujours présent.
Bocoum développe ensuite trois raisons pour lesquelles le peuple doit rejeter cette révision. La première est l’affaiblissement de la justice : les députés ont supprimé plusieurs compétences de la future Cour constitutionnelle, notamment le contrôle de certains actes de l’Assemblée nationale. La deuxième est le renforcement considérable des pouvoirs d’un Premier ministre non élu, qui pourra désormais présider le Conseil des ministres par délégation et engager la responsabilité du gouvernement sur le vote de la loi de finances. La troisième raison est juridique : la proposition crée des charges publiques sans compensation financière, ce qui la rend irrecevable au regard de l’article 82 de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée.
Cette tribune s’inscrit dans une série de critiques émanant de la société civile. Le 20 juin déjà, Babacar Ba, du Forum des justiciables, exigeait la publication de l’avis du président Bassirou Diomaye Faye, resté silencieux. Le 23 juin, Thierno Bocoum avait dénoncé des « improvisations procédurales » autour de l’article 57. Et le 27 juin, la plateforme Aar Sunu Constitution, qui milite pour l’équilibre institutionnel, a officiellement lancé ses activités en appelant Ousmane Sonko à renoncer à une réforme qu’elle juge précipitée.
L’examen en séance plénière de la proposition de loi est prévu le lundi 29 juin.


Tu es un lâche. Tu ne dis pas la vérité.
Pour toi et kes autres tout ce qui vient de pastef c’est le Président Ousmane Sonko. Donc il faut tout bâtir. Tous haineux.
Qu’on le veut ou pas Ousmane vit et vivra au dessus de vous tous.
Bandits que vous êtes.