Le débat sur la révision constitutionnelle au Sénégal s’enrichit d’une nouvelle voix critique. Invité de la radio RFM, Mbaye Dione, député et secrétaire général de l’Alliance des forces du progrès (AFP), a livré sa position sur la proposition portée par le groupe parlementaire Pastef. Selon une dépêche de l’Agence France-Presse reprise par leral, le responsable politique n’a pas ménagé ses mots.
Mbaye Dione a d’abord émis des doutes sur l’attitude du chef de l’État face à cette initiative. « On suppose que si la réponse du Président était favorable à leur requête, ils se seraient précipités pour la rendre publique », a-t-il déclaré. Une manière de laisser entendre que la présidence aurait rejeté la proposition de Pastef.
Le secrétaire général de l’AFP a ensuite pointé une précipitation qu’il juge suspecte. « Je ne vois pas pourquoi le groupe parlementaire Pastef se précipite à déposer une proposition de loi alors même que le président de l’Assemblée nationale a affirmé qu’une fois votée, le Président ne pourrait plus la modifier », a-t-il fait remarquer. Pour lui, cette manœuvre révèle « une volonté d’installer une dualité et d’utiliser véritablement l’Assemblée nationale pour des combats politiques ».
Ces accusations interviennent dans un contexte de fortes tensions à l’Assemblée. Le 13 juin dernier, deux vice-présidents de l’institution ont démissionné dans le cadre d’une réorganisation interne du parti Pastef. La proposition de loi visant à réviser la Constitution avait alors été transmise au président Bassirou Diomaye Faye.
Des experts juridiques ont également alerté sur les risques de déséquilibre des pouvoirs que pourrait accentuer une telle réforme. Le constitutionnaliste Meïssa Diakhaté a récemment dénoncé une asymétrie structurelle, estimant que le chef de l’État dispose d’un « droit de vie ou de mort sur l’Assemblée nationale » grâce au pouvoir de dissolution.
« Ce n’est pas ce que les Sénégalais attendent d’eux », a conclu Mbaye Dione, jugeant cette démarche regrettable.

