Talla Sylla accuse Boubacar Boris Diop d’une lecture biaisée de la légitimité du président Faye

Talla Sylla, président du parti Jëf Jël, a signé une tribune dans laquelle il répond à la récente sortie médiatique de Boubacar Boris Diop. Dans sa tribune, Talla Sylla critique Boubacar Boris Diop pour ce qu’il considère comme une lecture biaisée de la légitimité du président Bassirou Diomaye Faye et une dérive partisane de l’écrivain. Cette tribune a été relayée par le média xalimasn.

L’auteur de la tribune reproche à Boubacar Boris Diop d’avoir qualifié le « péché originel » du président de « geste seigneurial » d’Ousmane Sonko demandant aux Sénégalais de voter pour lui. Selon Talla Sylla, cette affirmation insulte le peuple sénégalais, car ce sont plus de 54 % des électeurs qui ont conféré au chef de l’État sa légitimité constitutionnelle, et non un quelconque « bienfaiteur ».

Talla Sylla dénonce également ce qu’il appelle un « aveuglement partisan » dans l’analyse de Boubacar Boris Diop. Il estime que l’exercice normal des prérogatives présidentielles est présenté comme une « obsession pour le protocole » destinée à compenser un « déficit manifeste de légitimité », et que toute indépendance de l’exécutif est criminalisée. Il ajoute que l’ancien Premier ministre est, à l’inverse, absous de toute responsabilité dans la crise actuelle et magnifié comme une « chance exceptionnelle pour le Sénégal ».

Le président de Jëf Jël critique aussi la position de Boubacar Boris Diop sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU. Il rappelle que l’essayiste a signé une pétition contre cette candidature, balayant selon lui le soutien diplomatique apporté par l’actuel chef de l’État. Talla Sylla y voit la préférence pour une « rancune inextinguible » au détriment de l’intérêt supérieur du Sénégal.

Dans la suite de sa tribune, Talla Sylla appelle à une « véritable hygiène institutionnelle ». Il considère que la menace qui pèse sur le pays n’est pas le « comportement d’un président en fin de règne », mais la volonté de subordonner la loi, la justice et la morale républicaine aux appétits d’un seul homme et de sa faction.

La prise de position de Talla Sylla s’inscrit dans un débat plus large sur le rôle des intellectuels sénégalais. Le 10 août 2026, la journaliste et écrivaine Seynabou Sankaré dénonçait les intellectuels qui mettent leur plume au service de leaders politiques plutôt que de la défense des intérêts de la République. En juillet 2025, Mamadou Moustapha Sène publiait l’ouvrage « Appel à l’Unité pour le Changement et l’Innovation » et affirmait que « la pire trahison de l’intellectuel est de mettre son savoir au service des passions plutôt qu’au service de la vérité ».

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