« En raison de ces difficultés, l’épine dorsale de la souveraineté alimentaire du Sénégal est en train de se fissurer. » C’est par ces mots qu’Aly Niang, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et de la Falémé (SAED), a lancé l’alerte lors d’un sit-in organisé devant la direction générale de l’entreprise.
Les travailleurs dénoncent plusieurs problèmes qui affectent le fonctionnement de la SAED. Parmi eux, le manque de moyens et d’outils, la stagnation des salaires et une indemnité de logement jugée trop faible. D’après le syndicat, plus de 95 % des agents perçoivent moins de 75 000 francs CFA à ce titre. Ils réclament la généralisation de cette indemnité et son relèvement à 100 000 francs CFA nets par mois, en s’appuyant sur le décret n° 2026-06 signé le 7 janvier 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye.
La baisse de la prime annuelle de rendement cristallise également les mécontentements. Celle-ci serait passée de 7 % à 2 %, une décision qu’Aly Niang juge « en totale contradiction avec les performances réalisées par la société et les sacrifices consentis par les agents ». Le syndicaliste rappelle que le Conseil d’administration avait pourtant salué les résultats de l’exercice 2025.
Ces tensions à la SAED interviennent alors que d’autres institutions agricoles sénégalaises traversent des difficultés budgétaires. En mai 2026, des chercheurs de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et de l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) pointaient déjà un sous-financement chronique qui entraînait le vieillissement des équipements et l’essoufflement des laboratoires.
Aly Niang sollicite désormais l’intervention du chef de l’État pour préserver le climat social au sein de cette entreprise qui, selon lui, n’a encore jamais connu de grève. Les informations sur cette mobilisation et les revendications des travailleurs de la SAED ont été rapportées par EnQuête+.
