Sonko se pose en victime mais avait négocié son départ : les contradictions d’une conférence

Le 2 juin 2026, Ousmane Sonko s’est tenu seul face aux caméras devant l’École de police de Dakar pour raconter comment le président Bassirou Diomaye Faye l’avait écarté du gouvernement le 22 mai. Mais derrière la posture victimaire, l’ancien Premier ministre a lui-même révélé que la rupture avait été négociée, anticipée et coconstruite (Dakaractu). Il a mentionné deux rencontres préalables sur une éventuelle séparation et proposé à Diomaye Faye de rejoindre la présidence de l’Assemblée nationale, offre que ce dernier a déclinée.

Le choix du lieu — en face de l’École de police — et le ton employé rappellent davantage le registre de campagne que celui d’un président de l’Assemblée nationale. Sonko a adressé un avertissement au nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô : « Je lui conseille de se limiter aux chiffres. Il se dit technocrate, il n’a qu’à se limiter à la technocratie. » Une sortie qui interroge sur la conception qu’il a de sa fonction, lui qui n’a pas présenté de bilan de son passage à la Primature.

En annonçant que Pastef ne déposera pas de motion de censure tout en rappelant que le parti en a la majorité, Sonko fait de cette arme un instrument de pression permanente sur le gouvernement. Momar Thiam, directeur de l’École des hautes études en information et communication, a analysé la posture de Sonko comme celle d’un ‘oustaz’ (maître coranique), notant un changement par rapport à ses habits de combattant habituels. Le limogeage a déjà provoqué une onde de choc : Mouhamed Abdallah Ly, directeur général du Musée des Civilisations noires, a démissionné le 23 mai pour protester.

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