La tension monte d’un cran à La Poste Sénégal. Le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (Sntpt) a sorti mercredi une série de pièces administratives qui retracent, dates à l’appui, le processus de réfection du logement de fonction du directeur général.
Selon les documents diffusés par le Sntpt, la procédure s’enclenche dès le 2 juillet 2024 avec une demande de renseignements et de prix. Le contrat est signé par Maguette Kane le 25 août 2024, approuvé le 3 octobre pour un montant total de 49 740 894 francs CFA, puis notifié le 8 octobre. Le syndicat martèle qu’aucun engagement budgétaire n’existait avant l’arrivée de la nouvelle direction, en mai 2024, contredisant frontalement les déclarations du directeur général.
Cette dépense, jugée somptuaire, tranche avec les retards de salaire récurrents subis par les postiers. Le contraste est saisissant et, interrogé par Dakarmatin, le Sntpt parle sans détour de « gabegie ». L’organisation rappelle au passage que le directeur général bénéficierait aussi d’une indemnité de logement parallèlement à l’occupation de cette résidence rénovée – un cumul qu’elle avait déjà dénoncé dans une déclaration en 2026.
Le syndicat s’appuie sur une accumulation de griefs. Le 1er mai dernier, il déplorait l’absence de mise en œuvre des 15 recommandations du conseil interministériel et l’inexploitation d’un « New Deal technologique » proposé par les travailleurs. Il avait aussi soutenu les questions écrites du député Guy Marius Sagna sur la gestion de l’entreprise.
Ibrahima Sarr, secrétaire général du Sntpt, réclame aujourd’hui un audit sans complaisance des finances et invite le parlementaire comme l’opinion publique à maintenir la pression sur l’exécutif afin d’obtenir, si nécessaire, des sanctions administratives et judiciaires.
