Crise à La Poste : le syndicat SNTPT dénonce un « oubli administratif » et une gabegie à 50 millions FCFA

Des travailleurs sans salaire, des bureaux de poste qui se dégradent et un service public postal en voie d’effondrement. C’est le constat alarmant dressé ce jeudi 9 juillet 2026 par le Comité Sectoriel Poste du Syndicat National des Travailleurs des Postes et Télécommunications (SNTPT), réuni pour évaluer la situation de La Poste, a appris LII Quotidien.

Dans sa déclaration liminaire, le secrétaire général Ibrahima Sarr a estimé que le changement de Gouvernement a plongé le dossier de l’entreprise publique dans un « inquiétant oubli administratif ». Un an après un Conseil interministériel tenu le 1er septembre 2025, qui avait débouché sur quinze mesures fortes pour le redressement de La Poste, « aucune mise en œuvre effective » n’est intervenue, a-t-il déploré.

Gabegie et gouvernance pointées du doigt

Le responsable syndical a dénoncé des choix de gestion contestables. Il a notamment révélé que la réfection de la villa de fonction du Directeur général a coûté près de cinquante millions de francs CFA, alors même que l’entreprise peine à payer les salaires. Il a aussi évoqué l’utilisation de véhicules de l’entreprise à des fins personnelles, alors que le DG perçoit des indemnités de transport et de logement.

La crise s’aggrave depuis plusieurs mois. Le 26 décembre 2025, une convergence syndicale avait alerté sur un plan de départ volontaire « opaque et socialement dangereux ». Puis, le 3 mars 2026, le ministre Alioune Sall avait répondu à une interpellation du député Guy Marius Sagna sans apporter d’éclaircissements, selon le SNTPT. Mi-juin, Ibrahima Sarr indiquait que le taux de mise en œuvre des 15 mesures n’atteignait pas 30 %.

Le syndicat exige la clarification immédiate de la vision de l’État, la mise en œuvre urgente des décisions du Conseil interministériel, le paiement sans délai des salaires et l’instauration d’une gouvernance responsable. Ibrahima Sarr a prévenu que la disparition de La Poste entraînerait un coût économique et social considérable pour le Sénégal.

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