Le Syndicat national des travailleurs des postes et télécommunications (SNTPT) hausse le ton contre la lenteur d’exécution des mesures de redressement de La Poste, neuf mois après le Conseil interministériel du 1er septembre 2025. Réunis à Thiès lors d’une journée d’échanges, les syndicalistes ont interpellé les autorités sur l’urgence d’accélérer la relance de l’entreprise publique, confrontée à de graves difficultés financières et opérationnelles.
Selon le secrétaire général du SNTPT, Ibrahima Sarr, les quinze mesures arrêtées par l’État tardent à produire les effets attendus. « Le taux de mise en œuvre n’atteint même pas 30 %. C’est une situation particulièrement regrettable au regard des attentes suscitées par ces engagements », a-t-il déclaré. Le syndicat regrette également l’absence d’un mécanisme de suivi pour évaluer régulièrement l’état d’exécution des décisions.
Cette impatience s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre le syndicat et la direction. En avril 2026, le SNTPT avait déjà fustigé les millions déboursés pour rénover le logement du directeur général, tandis que la dette sociale dépasse le milliard de FCFA et bloque l’accès des travailleurs aux financements de la MECAP. Par ailleurs, le syndicat accuse la direction de ne pas avoir engagé le redressement attendu, un an après les propositions du New Deal technologique présentées par les agents.
Parmi les revendications phares, le SNTPT réclame une recapitalisation de La Poste pour restaurer ses capacités financières, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail et un renforcement des moyens d’exploitation. Le syndicat appelle aussi l’État à confier davantage de missions publiques à l’entreprise, notamment l’acheminement du courrier administratif, la gestion des valises diplomatiques ou les paiements de masse. Ibrahima Sarr a rappelé que l’Ipres confiait auparavant le paiement des retraités à La Poste, activité aujourd’hui transférée à des opérateurs privés, comme l’a rapporté EnQuête+.
Les travailleurs plaident également pour un vaste programme de modernisation, incluant la valorisation du patrimoine immobilier et l’accélération de la transformation numérique. « Nos produits et nos services doivent s’appuyer sur les technologies numériques afin de répondre efficacement aux attentes des usagers », a indiqué Ibrahima Sarr. À l’issue de la rencontre, les travailleurs ont lancé un nouvel appel aux autorités pour qu’elles accélèrent l’exécution des mesures de relance et engagent sans délai les réformes jugées indispensables à la survie de l’entreprise.


