Seydou Sow propose une notation souveraine mieux adaptée aux réalités africaines

La dégradation de la note souveraine du Sénégal à Caa2 relance le débat sur l’évaluation du risque des États africains. Pour Seydou Sow, économiste financier, analyste quantitatif et doctorant en économie publique, les méthodes actuelles doivent être davantage adaptées aux réalités locales. Dans un entretien accordé à dakar92, il souligne la nécessité de mieux tenir compte des spécificités des économies africaines.

Moody’s a abaissé la note du Sénégal de Caa1 à Caa2 le 28 août 2026, avec une perspective négative. L’agence a notamment évoqué les pressions sur le refinancement, le poids des intérêts, les besoins élevés de financement et le recours accru au marché régional.

Une pression liée au refinancement

Seydou Sow estime que la décision de Moody’s repose en partie sur des éléments économiques concrets. Le principal enjeu ne serait pas seulement le volume de la dette publique, mais la possibilité de la renouveler à des conditions soutenables.

L’absence prolongée d’un nouveau programme avec le FMI limite l’accès du Sénégal aux financements concessionnels, c’est-à-dire des ressources accordées à des conditions plus favorables. Cette situation renforce la dépendance envers le marché régional, où les coûts d’emprunt sont élevés. Le service de la dette réduit ainsi les marges disponibles pour les priorités publiques et les investissements.

Les tensions entre l’exécutif et le législatif doivent toutefois être appréciées avec prudence, selon l’économiste. Elles ne constituent pas automatiquement un risque de défaut. Elles peuvent devenir un risque économique si elles paralysent les institutions, retardent les réformes budgétaires ou empêchent la consolidation des finances publiques.

Comme le souligne Seydou Sow, une agence de notation fournit une appréciation probabiliste du risque et non une mesure définitive de la solvabilité d’un État. Malgré la baisse de sa note, le Sénégal continue d’accéder au marché et de mobiliser des ressources, mais à un coût plus élevé.

Vers une notation mieux contextualisée

La notation du Sénégal devrait, dans une approche plus large, tenir compte de la structure de sa dette et du fonctionnement de ses marchés financiers. Seydou Sow cite notamment la part des emprunts libellés en monnaie locale, la durée des maturités, l’identité des créanciers, ainsi que la profondeur des marchés domestique et régional.

Il juge également essentielle la distinction entre un problème temporaire de liquidité et une insolvabilité structurelle. Un État peut rencontrer des difficultés pour refinancer ses engagements sans être nécessairement incapable de rembourser sa dette.

Cette approche devrait aussi intégrer les vulnérabilités propres à plusieurs économies africaines : des marchés moins liquides, une fiscalité limitée, une forte exposition aux chocs extérieurs et une dépendance au financement international. Selon Seydou Sow, ces facteurs peuvent justifier une prime de risque, mais celle-ci peut aussi être amplifiée par une perception générale du risque africain.

L’économiste considère enfin que la création d’agences de notation africaines indépendantes et crédibles pourrait diversifier l’analyse du risque souverain. Elles ne remplaceraient pas les agences internationales, mais offriraient davantage de pluralité dans l’évaluation des économies du continent.

Les besoins bruts de financement du Sénégal devraient atteindre environ 25 % du PIB en 2026, tandis que l’État avait déjà levé l’équivalent d’environ 8 % du PIB sur le marché régional depuis le début de l’année.

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Un commentaire

  1. 4 siècles d’esclavage, plus de 200 guerres armées durant lesquels l’Afrique a donné son sang pour libérer l’Europe et les Ameriques suffisent largement pour FOUTRE au Feu cette satanée dette et Réclamer notre Souveraineté Monétaire !

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