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Seydou Guèye juge la restructuration de la dette «indispensable» et critique le maintien du cap

Seydou Guèye, ancien ministre et porte-parole du gouvernement sous Macky Sall, a estimé que la restructuration de la dette sénégalaise est devenue une nécessité. Invité de l’émission Grand Jury de la RFM ce dimanche, le responsable de l’Alliance pour la République (APR) a affirmé : « Elle est indispensable et fondamentale. »

Selon lui, les récentes déclarations du Premier ministre Al Amine Lo traduisent une contradiction. « Il a posé tous les actes annonciateurs d’un virage économique. Mais, de façon absolue, il s’est un peu contredit en disant qu’il maintenait le cap », a déclaré Seydou Guèye, relayé par Pressafrik.

Revenant sur les débats autour de l’endettement public, l’ancien porte-parole a accusé le régime actuel d’avoir bâti son argumentaire politique sur l’existence présumée d’une dette cachée sans parvenir à en apporter les preuves. « Ils ont été rattrapés par une dette secrète qui est encore plus scandaleuse qu’une dette cachée dont ils n’ont pas eu les moyens d’établir la preuve », a-t-il lancé.

Seydou Guèye a également détaillé les approches possibles de la restructuration : reprofilage de la dette, rééchelonnement pour allonger les maturités, ou renonciation partielle ou totale des créanciers. « Ce serait fondamental et indispensable. Pour nous, ce n’est même plus un objectif, c’est une contrainte. Hors restructuration, on ne peut pas sortir la tête de l’eau », a-t-il insisté.

Pourtant, l’ampleur des échéances à venir donne du poids à son appel. Selon l’économiste El Hadji Ibrahima Sall, un mur d’échéances se dresse entre 2026 et 2031, constitué essentiellement d’eurobonds, ce qui rend la situation particulièrement tendue. Il détaille trois scénarios de restructuration : un reprofilage doux, une restructuration négociée, et une réduction du nominal. Mais le gouvernement actuel refuse catégoriquement cette voie. Le ministre des Finances Cheikh Diba a déclaré à l’Assemblée nationale : « Nous sommes contre la restructuration. Ce n’est pas une question d’orgueil. » Ousmane Sonko avait déjà rejeté cette option lors de sa tournée politique. Et Malick Ndiaye a fermé la porte, défendant plutôt la rigueur budgétaire, une gestion active de la dette et une mobilisation renforcée des ressources internes.

Seydou Guèye a aussi mis en contradiction les positions passées d’Ousmane Sonko, qui avait critiqué le recours à une restructuration. « Il est dans une position de principe, dans une posture protestataire, sinon dogmatique », a-t-il estimé.

Enfin, l’ancien ministre a défendu la collaboration avec le FMI sous Macky Sall, estimant qu’un programme avec l’institution est « essentiel pour construire le développement d’un pays ». Selon lui, le refus de coopérer étroitement avec le FMI a fait perdre du temps au Sénégal.

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