Le gouvernement sénégalais a détaillé jeudi la ventilation des 7,2 milliards de francs CFA débloqués pour faire face à l’insécurité alimentaire, à l’issue d’une réunion interministérielle présidée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.
Selon les données du Cadre harmonisé examinées lors de cette rencontre, 836 786 personnes, soit 92 976 ménages, sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire sévère au Sénégal.
Sur l’enveloppe totale, les transferts monétaires, gérés par le Fonds de solidarité nationale, concentrent 2,64 milliards de FCFA, tandis que l’assistance pastorale, pilotée par la Direction de l’Élevage, bénéficie de 3,13 milliards. Le Commissariat à la sécurité alimentaire recevra 700 millions pour la distribution de kits alimentaires, et le Conseil national de développement de la nutrition disposera de près de 728 millions pour les interventions nutritionnelles.
La Rts indique que ces crédits doivent être mis à la disposition des structures opérationnelles au plus tard le 12 août. Le Conseil national de sécurité alimentaire est convoqué avant la fin du mois pour élaborer une stratégie de long terme.
Par ailleurs, des Comités départementaux de développement seront mis en place dès la semaine du 10 août dans les départements de Bambey, Goudiry, Salémata et Ranérou. Leur mission : établir un diagnostic précis de la situation alimentaire des populations et du bétail, afin d’alimenter un suivi quotidien des besoins et des ressources engagées.
Le gouvernement insiste également sur la coordination des interventions. Les partenaires techniques et financiers, les ONG et le secteur privé sont invités à aligner leurs actions sur les priorités du Plan national de résilience (PNR) 2026 et à communiquer leurs plans d’action et financements.
Dans une optique de long terme, l’exécutif prévoit d’intégrer l’approche « One Health » au sein du Conseil national de sécurité alimentaire. Cette orientation vise à articuler santé humaine, santé animale et protection de l’environnement, notamment pour améliorer la surveillance des zoonoses, la qualité sanitaire des aliments et la prévention de l’antibiorésistance.
Enfin, face aux risques de fortes pluies, les ministères en charge de l’Hydraulique, des Infrastructures et du Commerce devront renforcer la surveillance des zones où les inondations pourraient compliquer l’accès aux denrées alimentaires.
