Les entreprises sénégalaises occupent désormais une place plus affirmée dans les projets publics, avec la mise en avant du contenu local et du patriotisme économique. Cette évolution marque une nouvelle étape du dialogue État secteur privé engagé depuis l’alternance de 2000.
De l’investissement privé aux projets du PSE
Sous Abdoulaye Wade, l’action publique a surtout porté sur l’investissement privé et l’amélioration de l’environnement des affaires. La création de l’APIX au début des années 2000 et la mise en place du Conseil présidentiel de l’investissement ont structuré les échanges avec les investisseurs et les organisations patronales.
Avec Macky Sall, arrivé au pouvoir en 2012, le secteur privé a été davantage associé aux infrastructures, à l’énergie, à l’agriculture et à l’industrie dans le cadre du Plan Sénégal émergent. Les entreprises ont toutefois continué de signaler des difficultés liées à la fiscalité, au financement, à la dette intérieure, à la commande publique et au coût des facteurs.
Le 15 février 2024, Amadou Ba avait réuni les organisations patronales à la Primature. Cette rencontre avait notamment débouché sur la promesse d’un rendez-vous semestriel avec le patronat, l’accélération du Code des investissements, l’import-substitution et l’élargissement du contenu local, comme le rapporte lesoleil.
Le secteur privé national au centre de la nouvelle orientation
Après l’élection de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024, les discussions avec les principales organisations patronales ont porté sur la relance économique, l’emploi et la vie chère. Le Conseil national du patronat avait aussi présenté une Charte des priorités et d’engagements présidentiels pour le secteur privé national.
Ce document proposait un dispositif permanent de concertation, avec des échanges réguliers entre le sommet de l’État et les départements ministériels. Cette orientation s’est ensuite inscrite dans l’Agenda national de transformation et la Vision Sénégal 2050.
Sous le gouvernement d’Ousmane Sonko, les échanges ont continué autour du redressement économique et d’une participation accrue des entreprises nationales aux projets publics. La rencontre tripartite du 27 février 2025 avec le patronat et les syndicats a notamment abordé la situation financière du pays et les engagements de l’État envers les entreprises.
Le patronat a également salué la place accordée au secteur privé national, au contenu local et au projet de loi sur le patriotisme économique. Ousmane Sonko a ensuite rencontré les représentants des entreprises lors de la présentation du plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom ».
Des engagements à l’exécution
Les demandes des entreprises restent centrées sur le financement, la fiscalité, la dette intérieure, la commande publique, l’accès au crédit et l’environnement des affaires. La différence tient davantage à la place désormais donnée aux opérateurs nationaux dans la transformation économique.
En février 2026, l’APIX et la Primature ont organisé une concertation consacrée au nouveau format du Conseil présidentiel de l’investissement. Cette réunion préparatoire du 9 février visait à recueillir les propositions des acteurs économiques avant la prochaine tenue du CPI.
Le directeur général de l’APIX, Bakary Sega Bathily, a reconnu que le modèle du CPI avait atteint ses limites face aux nouvelles exigences économiques.
