À moins de six mois des élections territoriales au Sénégal pour 2027, aucun décret de convocation des électeurs n’a encore été signé par le président Bassirou Diomaye Faye. Face aux craintes d’un report du scrutin, le Front pour la défense de la démocratie (FDR) exige l’ouverture immédiate d’un dialogue avec le gouvernement.
Les inquiétudes ne datent pas d’aujourd’hui. En juin, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, avait indiqué, rapporte Seneplus, que le processus électoral ne peut démarrer sans un décret présidentiel fixant la date du vote. Les opérations de révision des listes électorales n’ont toujours pas commencé.
Le 27 juillet, Ndiaga Sylla, président de l’organisation Dialogue citoyen, alertait sur un blocage administratif qui empêche les électeurs de s’inscrire ou de changer d’adresse. Il a menacé de saisir les tribunaux si la situation n’est pas débloquée, jugeant ce blocage contraire au droit de vote protégé par la Constitution.
Aujourd’hui, la presse sénégalaise relaie les inquiétudes de l’opposition. Populaire dénonce une « volonté manifeste d’un report de fait du scrutin » et rapporte que le FDR estime qu’aucune raison ne justifie de décaler le calendrier électoral. Le Quotidien titre sobrement « Diomaye dans le brouillard ».
Le 5 août, le maire de Khombole, Magueye Boye, a vivement critiqué l’hypothèse d’un couplage avec des législatives anticipées. Pour l’élu, une telle décision serait une « entorse à l’architecture constitutionnelle » et une « bombe à fragmentation » pour la démocratie. Il appelle à respecter le calendrier républicain.
Le quotidien Le Quotidien souligne que l’absence de décret à cinq mois du terme des mandats alimente les interrogations tant de l’opposition que de plusieurs organisations de la société civile.
