Comment mieux reconnaître le travail des femmes qui occupent une place importante dans la chaîne de valeur de la pêche à Saint-Louis ? Yaram Fall demande à l’État de renforcer leur statut et leur protection sociale.
Elle a salué la visite d’Amy Mara Dièye dans la région de Saint-Louis, en insistant sur la rencontre avec les acteurs de la pêche, notamment les femmes transformatrices. Selon elle, cette activité reste reléguée au second plan alors qu’elle contribue à l’économie locale.
La situation des femmes transformatrices Saint-Louis est également marquée par les difficultés rencontrées à Guet-Ndar, où certaines exercent ce métier depuis l’enfance. Responsable d’un GIE, Yaram Fall estime que leur contribution à la filière halieutique demeure largement sous-évaluée (ndarinfo).
Sa première revendication porte sur la reconnaissance juridique du métier de transformatrice. Elle demande aussi la délivrance d’une carte professionnelle dédiée, ainsi qu’une couverture sociale comprenant la retraite et la prise en charge des accidents du travail.
Yaram Fall appelle l’État à intégrer ces demandes dans la révision de la loi d’orientation, après le Conseil supérieur de la loi. Elle souhaite que les métiers de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage soient reconnus au même titre que les autres professions.
La responsable du GIE réclame par ailleurs des équipements de production plus adaptés. Ils doivent, selon elle, permettre de respecter les exigences de traçabilité, de garantir une meilleure qualité des produits et d’améliorer les revenus des travailleuses. Elle insiste également sur la nécessité d’un financement correspondant aux réalités de la pêche.
Ces doléances ont été directement présentées à la ministre des Pêches et de l’Économie maritime lors de la rencontre. Yaram Fall rappelle que la transformation fait travailler de nombreuses personnes, du quai de débarquement à la commercialisation, en passant par le transport.
Elle souligne que cette activité mobilise des jeunes venus d’autres localités ainsi que des ressortissants de plusieurs pays de la sous-région installés à Saint-Louis.
