Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé lundi en Russie pour des entretiens avec le président Vladimir Poutine, dans un contexte d’intensification des démarches diplomatiques de Téhéran autour de la guerre impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran.
À son arrivée, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré aux médias de son pays qu’il se rendait à Moscou « afin de poursuivre les consultations étroites entre Téhéran et Moscou sur les questions régionales et internationales ». Il a ajouté que sa rencontre avec Vladimir Poutine constituerait « une bonne occasion de discuter de l’évolution de la guerre et de passer en revue la dernière situation ». D’après Al Jazeera, cette visite s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large menée par l’Iran pour obtenir un soutien régional et international à une reprise des négociations.
Le déplacement en Russie intervient après une précédente rencontre à Muscat avec des responsables omanais. Washington et Téhéran ont conclu un cessez-le-feu temporaire le 8 avril, après plus d’un mois de combats déclenchés par des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran. Mais cette trêve reste fragilisée par plusieurs différends, notamment autour du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et d’un blocus américain visant les ports iraniens. En parallèle, le conflit entre Israël et le Liban menace également de compliquer les discussions.
Depuis Téhéran, le correspondant d’Al Jazeera Tohid Asadi a indiqué que la Russie pourrait jouer un rôle central dans la suite du dossier, qu’il s’agisse d’un règlement diplomatique ou d’une nouvelle confrontation. Selon lui, l’Iran cherche notamment à hiérarchiser plusieurs demandes en fonction de la situation, parmi lesquelles la question du détroit d’Ormuz, l’éventuelle prolongation du cessez-le-feu et le risque d’une reprise des hostilités.
Dans le même temps, le président américain Donald Trump a annulé les projets d’envoi de son émissaire spécial Steve Witkoff et de son conseiller Jared Kushner à Islamabad pour des discussions avec l’Iran prévues samedi. Il a justifié cette décision par de « fortes divisions internes » et de la « confusion » au sein de la direction iranienne. De son côté, le président iranien Masoud Pezeshkian a répété que Téhéran n’entrerait pas en négociation tant que le blocus resterait en vigueur.
Le commandement central américain, le CENTCOM, a affirmé que ses forces poursuivaient l’application de ce blocus, empêchant les navires d’entrer ou de sortir des eaux iraniennes. Sur le réseau X, le CENTCOM a déclaré que les forces américaines avaient ordonné à 38 navires de faire demi-tour ou de retourner au port. À Islamabad, Abbas Araghchi a qualifié de « très productifs » ses précédents échanges, précisant qu’ils avaient porté sur « les conditions précises » dans lesquelles des négociations entre l’Iran et les États-Unis pourraient se poursuivre. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des responsables pakistanais restent pour leur part convaincus qu’un cadre d’accord plus large demeure possible, y compris avec les pays du Golfe.