Royaume-Uni : averti du risque, Keir Starmer a nommé un proche de Jeffrey Epstein à ce poste clé

Le gouvernement britannique vient de déclassifier plus d’une centaine de pages de correspondances internes concernant une nomination diplomatique de premier plan. Ces archives révèlent que le Premier ministre a validé un choix stratégique malgré des mises en garde explicites liées à l’un des dossiers judiciaires les plus suivis de ces dernières années.

Les documents, rendus publics ce mercredi sous la pression du Parti conservateur, détaillent le processus de nomination de Peter Mandelson au poste d’ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis. Selon Al Jazeera, Keir Starmer avait été formellement prévenu des « risques pour la réputation » du gouvernement en raison des liens étroits entre ce vétéran du Parti travailliste et le délinquant sexuel Jeffrey Epstein.

Une note spécifique intitulée « Avis au Premier ministre, vérifications effectuées le 4 décembre 2024 » retrace l’historique de cette relation. Le document précise qu’après la première condamnation d’Epstein en 2008 pour des crimes sexuels en Floride, les contacts se sont poursuivis entre 2009 et 2011. Les archives indiquent notamment que Peter Mandelson a séjourné dans la résidence de Jeffrey Epstein en juin 2009, alors que ce dernier purgeait sa peine de prison.

La situation de l’ancien ambassadeur fait par ailleurs l’objet d’une enquête policière. En janvier, le département de la Justice des États-Unis a divulgué des courriels suggérant que Peter Mandelson aurait partagé des documents gouvernementaux secrets avec Jeffrey Epstein, incluant des plans commerciaux britanniques lors de la crise financière de 2008. Un compte rendu téléphonique de septembre souligne que le conseiller à la sécurité nationale, Jonathan Powell, jugeait cette nomination « bizarrement précipitée ».

Keir Starmer avait finalement démis Peter Mandelson de ses fonctions à Washington en septembre de l’année dernière, affirmant que ce dernier lui avait menti sur la profondeur de son amitié avec Epstein. Le Premier ministre a toutefois reconnu qu’il était informé du maintien de cette relation après la condamnation de 2008.

Les dossiers déclassifiés révèlent également les conditions financières de ce départ. Lors de son licenciement, Peter Mandelson a perçu une indemnité de 75 000 livres sterling (environ 106 000 dollars), après avoir initialement réclamé plus de 500 000 livres, soit l’équivalent de quatre années de salaire.

Face au Parlement ce mercredi, le secrétaire en chef du gouvernement, Darren Jones, a déclaré que l’exécutif avait tiré les leçons de cette procédure et pris des mesures pour corriger les failles du système. D’autres publications de documents officiels sur ce dossier sont prévues ultérieurement.

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