Rejet du PLFR : Pr Meissa Babou alerte sur les risques pour les subventions, les services sociaux et les accords avec le FMI

Le rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale pourrait contraindre le gouvernement à revenir à la Loi de finances initiale (LFI). Une perspective qui soulève plusieurs interrogations sur le financement des secteurs sociaux, les subventions énergétiques et les engagements pris avec le Fonds monétaire international (FMI). Meissa Babou, enseignant en économie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, prévient d’un risque de hausse des prix et des taxes.

Au lendemain du rejet du texte, les conséquences économiques et financières de cette décision restent au cœur des interrogations.
L’économiste Meissa Babou souligne les conséquences potentiellement lourdes d’un tel scénario. Selon lui, le retour au budget initial rendrait caducs les différents ajustements introduits dans le cadre de la LFR 2026.

« Revenir à la loi de finances initiale renvoie le gouvernement à sa première lecture. Cela veut dire que tous les changements introduits actuellement et qui font la LFR rectificative seront caducs », explique-t-il sur Sud Fm.

Parmi les mesures susceptibles d’être compromises, l’enseignant en économie à l’Université Cheikh Anta Diop de Daka cite notamment les financements destinés aux hôpitaux et aux écoles, ainsi que les efforts consentis sur les subventions énergétiques.
Il évoque également l’impossibilité pour l’exécutif de maintenir certains choix budgétaires sans trouver de nouvelles solutions.

Le pouvoir d’achat et les engagements avec le FMI en question

Meissa Babou revient également sur les inquiétudes exprimées par les députés concernant l’augmentation des prix et des taxes. Il rappelle la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des Sénégalais, tout en soulignant les difficultés financières auxquelles l’État pourrait être confronté.

« La loi de finances initiale n’intègre pas autant de subventions, qui ne pourront forcément être financées qu’à travers une augmentation des prix et donc des taxes », prévient-il.

Pour l’économiste, le rejet du PLFR place ainsi l’Exécutif devant un défi budgétaire délicat, d’autant que les réaménagements proposés seraient liés aux engagements pris avec le FMI.

Ce blocage parlementaire pourrait donc compliquer la mise en œuvre des choix budgétaires du Gouvernement et fragiliser le cadre de ses discussions avec l’institution financière internationale.

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