Le 30 octobre, la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté une deuxième fois le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil, deux anciens députés, alertent sur les effets possibles de cette impasse.
Le blocage de la LFR 2026 intervient alors que le Sénégal discute avec le Fonds monétaire international (FMI) d’un programme de financement. Dans leur tribune, les deux signataires estiment que la situation peut peser sur la crédibilité financière du pays, ses relations avec ses partenaires et sa capacité à financer les dépenses publiques.
La chronologie remonte au 23 octobre : la commission avait alors rejeté le projet de loi n° 40/2026 et les amendements gouvernementaux. Le 27 octobre, à la demande du ministre des Finances Cheikh Diba, le texte avait été renvoyé en commission pour permettre un dialogue institutionnel. Il a été rejeté à nouveau le 30 octobre. Lactuacho rapporte que les anciens parlementaires appellent le Gouvernement et la majorité à faire prévaloir l’intérêt national.
Les signataires inscrivent ce désaccord dans un contexte financier tendu. La réévaluation des comptes publics a porté la dette à près de 130 % du produit intérieur brut, tandis que le précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, a été gelé après la révélation d’une dette non déclarée. Moody’s a également abaissé la note souveraine du Sénégal à Caa2.
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Un accord avec les services du FMI a été conclu le 1er septembre 2026 pour un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Il doit toutefois encore recevoir l’approbation du conseil d’administration du Fonds. Selon l’analyse des deux anciens députés, la LFR est une composante importante de la trajectoire budgétaire convenue avec l’institution.
Le Sénégal vise la finalisation de son partenariat avec ses créanciers extérieurs en novembre 2026. Les auteurs estiment qu’un retard dans l’approbation du programme pourrait différer les décaissements attendus, affecter le soutien des partenaires financiers et compliquer les discussions sur le traitement de la dette.
Le service de la dette est évalué à environ 9,6 milliards de dollars pour 2026, dont 4,3 milliards au titre du principal. Les signataires redoutent qu’un accès limité aux financements concessionnels et une hausse du coût de l’emprunt réduisent les ressources disponibles pour l’éducation, la santé et l’emploi des jeunes.
Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil reconnaissent le bien-fondé des demandes de documents formulées par la majorité parlementaire. Ils citent le rapport Forvis Mazars, celui de l’Inspection générale des finances sur la dette non financière et le rapport d’exécution budgétaire de septembre. Ils estiment que le contrôle parlementaire peut s’exercer par des auditions, des questions écrites ou des commissions d’enquête, sans conditionner l’adoption du budget rectificatif.
Les deux auteurs jugent également que le débat sur l’encadrement des fonds politiques doit être traité séparément, dans le cadre juridique approprié. Pour sortir du blocage, ils proposent de transmettre rapidement les documents demandés, de dissocier le vote de la LFR des autres différends politiques et de rechercher des ajustements compatibles avec les engagements pris auprès du FMI, tout en préservant les investissements et les dépenses sociales prioritaires.
Le 19 octobre, Ousmane Sonko avait annoncé que son parti ne voterait ni la LFR 2026 ni le projet de loi de finances initiale pour 2027, jugeant les propositions du Gouvernement incompatibles avec la ligne de PASTEF.




La mise à disposition des états d’exécution au 31 sept est un minimum nécessaire dans un remaniement budgétaire. La demande d’encadrement des fonds spéciaux est connue d’avance comme non acceptable par l’exécutif. Tout cela montre que toutes les parties sont dans des calculs politiques inclus les non inscrits qui veulent approuver sans connaitre l’état d’exécution.