Pastef bloque le budget rectificatif : le risque de shutdown avant la plénière

À la veille de l’examen en plénière prévu mardi 27 octobre, le Pastef maintient son opposition au projet de loi de finances rectificative 2026. Ce blocage fait craindre un « shutdown » budgétaire, autrement dit une paralysie du fonctionnement de l’État.

Le parti estime que le projet comporte des incohérences et supprime des projets sociaux. Il demande de revoir les coupes prévues dans plusieurs secteurs, dont la santé, l’éducation, l’hydraulique et les infrastructures. Il souhaite aussi le maintien des subventions aux carburants pour protéger le pouvoir d’achat.

Le débat sur ces subventions s’inscrit dans un contexte budgétaire plus large : le Sénégal négocie avec le Fonds monétaire international un nouveau programme de financement. Les discussions ont officiellement débuté lors des Assemblées annuelles de l’institution, en octobre 2025, et une mission du FMI séjourne actuellement à Dakar pour les poursuivre. La dette, notamment la question de la dette cachée, les réformes attendues et les conditions d’un éventuel accord figurent parmi les sujets au cœur de ces échanges.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô a défendu le projet lors d’une conférence de presse dimanche 25 octobre. Il a expliqué que les recettes seraient revues à la baisse de 340 milliards FCFA, tandis que les charges incompressibles augmenteraient de 540 milliards, notamment en raison des subventions énergétiques et des besoins des forces de défense et de sécurité. Afrimag et Sikafinance ont rapporté ses propos sur les ajustements de recettes et de charges.

Les projets jugés insuffisamment avancés, a-t-il précisé, seraient reprogrammés dans la loi de finances 2027. Le désaccord porte aussi sur des engagements de l’État, notamment la restructuration de la dette extérieure et le règlement des arriérés dus aux entreprises privées. Ces choix budgétaires interviennent alors que les discussions avec le FMI portent également sur la dette et les conditions d’un nouvel accord de financement.

Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô a appelé les députés au dialogue et averti que, si l’Assemblée nationale bloque le projet, le président de la République pourrait recourir aux moyens légaux et constitutionnels. Le Premier ministre affirme que le vote permettrait le décaissement de 300 milliards FCFA au profit du secteur du BTP.

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