Rejet de la LFR 2026 : Diallo craint un retard du financement de 2,2 milliards de dollars

Le rejet de la loi de finances rectificative 2026 peut-il fragiliser les paiements de l’État et les relations avec le FMI ? Le consultant en finances publiques Idrissa Junior Diallo redoute des tensions de trésorerie et une hausse des arriérés envers les entreprises. Cette alerte a été rapportée par PressAfrik.

Le rejet de la LFR 2026 pourrait, selon lui, compliquer le règlement des sommes dues aux fournisseurs, notamment aux entreprises du bâtiment et des travaux publics. Idrissa Junior Diallo estime que ces retards risquent de peser sur l’emploi, l’attractivité et l’activité économique.

Il s’inquiète aussi du financement des besoins énergétiques. D’après le consultant, la prise en charge des dépenses du secteur pourrait devenir plus difficile sans hausse des prix du carburant et de l’électricité, qui affecterait le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Le programme avec le Fonds monétaire international constitue un autre point d’incertitude. Idrissa Junior Diallo n’écarte pas un retard ou des complications dans sa finalisation. Les financements attendus liés à ce programme représentent, selon lui, environ 2,2 milliards de dollars. Il prévient que la situation pourrait freiner l’accès à des financements extérieurs et peser sur la crédibilité du pays auprès des marchés et des bailleurs.

L’enjeu dépasse le seul calendrier des financements : malgré une croissance du PIB réel de 6,7 % en 2025, portée par les hydrocarbures, et un déficit budgétaire ramené de 13,4 % à 6,4 % du PIB, les vulnérabilités liées à la dette publique restent élevées. Cette fragilité rend d’autant plus sensible toute incertitude sur les recettes, les dépenses et l’accès aux financements extérieurs.

Le consultant décrit par ailleurs un affrontement institutionnel entre la majorité parlementaire issue de Pastef et l’exécutif dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye. Tout en reconnaissant le rôle de contrôle budgétaire du Parlement, il juge préoccupante l’absence d’un débat de fond autour du rejet, au regard des contraintes évoquées par l’exécutif sur l’énergie, les recettes et les engagements avec le FMI. Les tensions entre l’Exécutif et le Législatif nourrissent aussi la crainte d’une crise politique ou institutionnelle, alors que le pouvoir doit chercher un équilibre entre souveraineté économique et respect des exigences du Fonds.

« Alors, on entre dans une zone de risque », a conclu Idrissa Junior Diallo.

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