Le Syndicat unique des travailleurs du Trésor (SUTT) passe à l’action. Après avoir rejeté le projet de transfert du recouvrement des impôts locaux vers la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), il a déposé un préavis de grève pour exiger l’arbitrage du ministère des Finances, comme le révèle El Hadj Dioumorou Dia dans un entretien à L’Observateur.
Le secrétaire général du SUTT qualifie la réforme des codes fiscal et douanier de « processus continu de démantèlement de l’Administration du Trésor ». Selon lui, l’administration fiscale et les douanes cherchent à « confisquer une compétence qui a toujours été nôtre », à savoir le recouvrement des impôts locaux. Une mission que le syndicat estime historiquement confiée au Trésor public. Contacté par Rewmi, El Hadj Dioumorou Dia a précisé que le syndicat n’exclut pas d’autres actions si l’arbitrage n’intervient pas rapidement.
Un préavis de grève inédit
« Jamais dans l’histoire du SUTT, nous n’avions pensé à aller en grève », insiste El Hadj Dioumorou Dia, soulignant la gravité de la situation. Le syndicat, qui dit vouloir déployer l’ensemble de ses moyens d’action, estime que les enjeux dépassent le cadre corporatiste.
Le préavis intervient après l’échec d’une audience prévue avec le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, selon des informations concordantes. Le SUTT avait déjà tenu une assemblée générale extraordinaire le 24 mai 2026 pour arrêter un plan d’action contre le projet, qu’il avait découvert dans l’exposé des motifs du projet de loi portant Code général des impôts.
« Pour l’instant, c’est au stade de projet de loi, et nous demandons à l’autorité d’arbitrer avant que les mesures finales du texte ne soient arrêtées et que le texte n’arrive en Conseil des ministres ou à l’Assemblée nationale », précise El Hadj Dioumorou Dia.


