Les autorités nigérianes ont officiellement inculpé six personnes pour terrorisme et trahison, en lien avec un complot présumé visant à renverser le président Bola Tinubu en 2025. Parmi les individus poursuivis figurent un général de division à la retraite et un inspecteur de police en exercice.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces six accusés ont été placés en détention ce mardi. Le dossier déposé devant la Haute Cour fédérale d’Abuja fait également état d’un septième suspect, actuellement en fuite et recherché pour avoir aidé à dissimuler le complot. Il s’agit de Timipre Sylva, l’ancien gouverneur de l’État de Bayelsa.
L’acte d’accusation comprend 13 chefs d’inculpation. La justice nigériane reproche aux prévenus d’avoir conspiré pour « mener une guerre contre l’État » et d’avoir apporté un soutien, direct ou indirect, au colonel Mohammed Alhassan Ma’aji. Ce dernier est désigné comme le cerveau de cette tentative de coup d’État.
Les documents judiciaires identifient les six personnes arrêtées : le général de division à la retraite Mohammed Ibrahim Gana, le capitaine à la retraite Erasmus Ochegobia Victor, l’inspecteur Ahmed Ibrahim, ainsi que Zekeri Umoru, Bukar Kashim Goni et Abdulkadir Sani.
Ces inculpations font suite à l’arrestation d’un groupe de 16 officiers en 2025. À l’époque, les autorités militaires évoquaient de simples « actes d’indiscipline et des violations du règlement de service ». Le gouvernement avait initialement nié l’existence d’un complot contre le chef de l’État, avant de se raviser en janvier en annonçant la comparution prochaine de plusieurs officiers. Peu après ces premiers démentis, le président Tinubu avait par ailleurs procédé à un remaniement des plus hauts responsables de l’armée nigériane.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, n’avait plus connu de tentative de putsch confirmée depuis son retour à un régime démocratique formel en 1999. Cette affaire s’inscrit dans un contexte régional marqué par une recrudescence des prises de pouvoir militaires en Afrique de l’Ouest et centrale au cours des dernières années.
