Le projet de budget 2027 du Sénégal prévoit des recettes de 6 012,1 milliards de FCFA et des dépenses de 7 363,7 milliards. Comparées aux montants de la loi de finances 2026 ajustée, les recettes progresseraient de 2,8 %, tandis que les dépenses reculeraient de 2,9 %.
Ces projections alimentent le bras de fer entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale, déjà tendu par le rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Le 30 octobre, le groupe parlementaire PASTEF – Les Patriotes avait annoncé qu’il n’adopterait pas le texte en l’état, invoquant des désaccords sur la sincérité budgétaire, le coût de la vie, les investissements publics et la transparence de la gestion. Le débat sur le budget 2027 s’inscrit dans ce même conflit sur les choix et la lisibilité des finances publiques.
Le 5 novembre, après les critiques du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Alphonse Mané Sambou, président de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, a demandé le retrait facultatif du projet de loi de finances initiale pour 2027, en pointant une incohérence technique, rapporte Seneweb. Les chiffres du projet font notamment apparaître un déficit global de 1 351,7 milliards de FCFA, soit 4,7 % du PIB, contre 7,6 % dans le budget ajusté de 2026. Le désaccord porte donc aussi sur les hypothèses qui sous-tendent cette trajectoire.
Salaires et investissements
Les dépenses du budget général sont évaluées à 7 005,6 milliards de FCFA. Les charges de personnel atteindraient 1 596,2 milliards, en hausse de 4,1 % par rapport à 2026. Les intérêts et commissions sur la dette publique sont estimés à 1 303,9 milliards de FCFA.
L'actualité du Sénégal dans votre poche
Téléchargez l'app gratuite et suivez l'info en temps réel.
Les investissements financés sur ressources internes sont évalués à 956,8 milliards de FCFA, soit une baisse de 176,4 milliards. Ceux financés sur ressources externes s’établiraient à 1 055 milliards, contre 1 115,7 milliards dans la loi de finances 2026 ajustée. Cette évolution nourrit les divergences déjà exprimées par PASTEF sur le niveau des investissements publics.
Financement et aides sociales
Le besoin de financement de l’État est chiffré à 6 608,7 milliards de FCFA. Il comprend notamment 4 552 milliards pour l’amortissement de la dette, 1 351,7 milliards pour le déficit et 480 milliards destinés à l’apurement d’arriérés intérieurs. Pour couvrir ce besoin, le gouvernement prévoit 4 733,7 milliards de FCFA sur les marchés financiers et auprès des emprunts-programmes. La dette et le déficit figurent également parmi les sujets de désaccord soulevés par PASTEF dans le débat sur le PLFR 2026.
Les crédits consacrés aux bourses de sécurité familiale doivent passer à 140 milliards de FCFA en 2027, afin de toucher 1 000 649 ménages vulnérables. Pour les subventions à l’énergie, l’État vise un coût annuel ne dépassant pas 1 % du PIB d’ici à 2029. Le gaz butane destiné aux usages domestiques, notamment les petits conditionnements, doit être préservé. Ces mesures s’inscrivent dans un débat parlementaire où le coût de la vie compte parmi les motifs de contestation du cadre budgétaire proposé.





