Les frappes aériennes massives menées par les États-Unis et Israël se poursuivent sur Téhéran et d’autres villes iraniennes. Au lendemain de la mort du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et de plusieurs hauts commandants, la République islamique s’organise pour assurer la continuité de l’État tout en préparant sa réponse militaire.
Conformément aux lois issues de la Révolution de 1979, l’Assemblée des experts est chargée de désigner le successeur du Guide suprême. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé à Al Jazeera que ce processus devrait aboutir d’ici quelques jours. Dans l’intervalle, la gestion du pays est confiée à un conseil intérimaire de trois membres. Cet organe réunit le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, le président Masoud Pezeshkian et l’ayatollah Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens de la Constitution. Dans une première allocution vidéo, le président Pezeshkian a appelé ses partisans à se rassembler dans les mosquées et les grandes artères du pays.
Les pertes au sein de l’appareil sécuritaire iranien sont majeures. Outre le Guide suprême, Mohammad Pakpour, commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le chef d’état-major des forces armées Abdolrahim Mousavi, le chef du Conseil de défense Ali Shamkhani et le chef du renseignement de la police Gholam-Reza Rezaeian ont été tués samedi. En réaction, le CGRI a annoncé le lancement des opérations offensives les plus lourdes de l’histoire de ses forces armées contre Israël et les installations américaines. Ali Larijani, haut responsable de la sécurité, a publiquement souligné que Téhéran considère désormais les bases américaines situées dans les pays voisins comme un territoire américain.
Sur le terrain, les bombardements ont fait de nombreuses victimes civiles et entraîné des coupures quasi totales d’Internet. Les autorités locales rapportent qu’une frappe sur une école à Minab, dans le sud de l’Iran, a coûté la vie à plus de 150 personnes, en majorité des enfants. À Téhéran, dans le quartier de Narmak, une autre école a été touchée, causant la mort d’au moins deux enfants. Ce même quartier abrite la résidence de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, dont le domicile a été visé par les frappes. L’agence de presse iranienne ILNA a toutefois démenti les rumeurs annonçant sa mort en s’appuyant sur une source informée.
Le gouvernement iranien a décrété sept jours de jours fériés et une période de deuil national de quarante jours en hommage à Ali Khamenei, qui a dirigé le pays pendant 36 ans.