L’Iran entame une période de deuil de quarante jours à la suite du décès du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes menées par les États-Unis et Israël. Alors que le pays fait face à la disparition de sa plus haute figure religieuse et politique, les autorités organisent la transition institutionnelle et dressent le bilan humain des bombardements.
Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a qualifié cet acte de « grand crime ». En réponse, son cabinet a décrété sept jours fériés qui s’ajoutent à la période de deuil national. Selon la chaîne Al Jazeera, des foules ont convergé dans les rues de Téhéran dès l’annonce de la nouvelle, tandis que des manifestations ont été signalées dans d’autres villes du pays, notamment à Chiraz, Yasouj et Lorestan.
Le bilan humain de cette offensive conjointe s’avère particulièrement lourd. Les médias d’État iraniens, s’appuyant sur les données du Croissant-Rouge, font état d’au moins 201 personnes tuées à travers 24 provinces. Dans le sud du pays, une frappe ayant visé une école primaire pour filles à Minab a causé la mort d’au moins 148 personnes et fait 95 blessés. Les autorités précisent que ce bilan provisoire pourrait encore s’alourdir.
Outre le Guide suprême, les bombardements ont coûté la vie à sa fille, son gendre et son petit-fils. Comme rappelé dans nos archives récentes, plusieurs hauts responsables de la sécurité ont également péri sous les tirs.
Pour pallier l’absence de celui qui dirigeait l’appareil d’État depuis 1989, l’agence officielle IRNA a annoncé la mise en place immédiate d’un conseil restreint. Composé de trois membres — le président de la République, le chef du système judiciaire et un juriste du Conseil des gardiens — cet organe assumera temporairement l’ensemble des prérogatives du Guide suprême jusqu’à l’élection de son successeur.
Sur le plan militaire, le Corps des Gardiens de la Révolution a revendiqué des tirs de représailles contre des installations militaires israéliennes à Tel-Aviv, ainsi que sur 27 bases abritant des troupes américaines dans la région. Des explosions ont été rapportées au Qatar et aux Émirats arabes unis, et des cibles ont été visées dans plusieurs pays du Moyen-Orient, incluant le Koweït, Bahreïn, la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Irak.
L’onde de choc traverse les frontières iraniennes. En Irak, le gouvernement a décrété trois jours de deuil et des manifestants ont bloqué les accès de la Zone verte à Bagdad, tentant de se diriger vers l’ambassade des États-Unis. Au Pakistan, des images vérifiées par Al Jazeera montrent des individus s’en prenant au consulat américain de Karachi. À l’inverse, l’agence Reuters rapporte que des scènes de célébration ont été observées par des témoins à Téhéran, Karaj et Ispahan.
De son côté, le président américain Donald Trump a averti l’Iran, via les réseaux sociaux, qu’une riposte entraînerait une force « jamais vue auparavant ». Une stratégie de décapitation du pouvoir qui suscite des réserves à Washington. Harlan Ullman, conseiller à l’Atlantic Council, a indiqué à Al Jazeera que les États-Unis pourraient avoir commis une « grave erreur », soulignant que l’élimination de dirigeants ne fonctionne que si l’ensemble de la chaîne de commandement est neutralisée.