L’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei plonge la République islamique dans une période de transition institutionnelle, sur fond d’embrasement militaire au Moyen-Orient. Face à la vacance soudaine du pouvoir, les autorités de Téhéran ont enclenché un processus d’urgence pour assurer la continuité de l’État au plus haut niveau.
Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, l’Iran s’en remet à l’article 111 de sa Constitution. Ce texte prévoit la mise en place d’un conseil de direction intérimaire chargé d’assumer les prérogatives du Guide suprême jusqu’à l’élection de son successeur. Cette instance transitoire est composée de trois personnalités de premier plan : le président de la République Masoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, et l’ayatollah Alireza Arafi, membre du Conseil des gardiens de la Constitution.
Cette réorganisation intervient alors que la région traverse une crise sécuritaire majeure. La mort d’Ali Khamenei, survenue lors de frappes israélo-américaines, a déclenché de vastes représailles. Téhéran a ciblé des intérêts américains et israéliens dans plusieurs pays du Golfe, provoquant une vague de violences qui a fait des centaines de victimes à travers la région.
Les trois hommes appelés à diriger temporairement le pays présentent des parcours politiques et religieux distincts. L’ayatollah Alireza Arafi siège depuis 2019 au Conseil des gardiens, l’autorité suprême chargée de valider les lois et les candidatures électorales. Il occupe également la vice-présidence de l’Assemblée des experts, l’organe précisément chargé de désigner le prochain Guide suprême, et dirige le système des séminaires religieux à l’échelle nationale depuis la ville sainte de Qom.
À ses côtés, le président Masoud Pezeshkian, 71 ans, incarne l’aile réformatrice. Élu en 2024, cet ancien chirurgien cardiaque et ministre de la Santé avait fait campagne sur la stabilisation économique et l’ouverture diplomatique. Toutefois, suite à l’assassinat d’Ali Khamenei, il a officiellement déclaré qu’il incombait désormais à l’Iran d’exercer son droit de venger les auteurs et les commanditaires de cette frappe.
Le troisième membre, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, représente la ligne dure et conservatrice de l’appareil d’État. Nommé à la tête de la justice en 2021 par Ali Khamenei en personne, cet ancien ministre du Renseignement s’est illustré par sa fermeté face aux contestations internes. Il a récemment accusé les États-Unis et Israël de soutenir les troubles dans le pays, notamment après les interventions de Donald Trump. L’ancien président américain a en effet profité du déclenchement des récentes frappes pour s’adresser directement au public iranien, l’exhortant à renverser le gouvernement en place.