Près de sept mois après, la demande d’enquête du Sénégal sur la CAF reste sans suite publique

Le Sénégal a réclamé une enquête internationale indépendante sur des soupçons de corruption à la CAF, au lendemain de la décision de retirer au pays son titre de champion de la CAN 2025 pour l’attribuer au Maroc. Aucune ouverture de procédure n’a été annoncée publiquement dans les mois qui ont suivi.

Le gouvernement avait formulé cette demande le 18 mars 2026, dans un communiqué publié à Dakar. La porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye, avait exprimé la « vive consternation » des autorités face à une décision jugée sans précédent et d’une extrême gravité. L’exécutif estimait qu’elle violait les principes fondamentaux de l’éthique sportive — l’équité, la loyauté et le respect des résultats acquis sur le terrain — et fragilisait la confiance dans les instances du football africain.

La demande d’enquête adressée à la CAF visait les soupçons de corruption au sein de ses instances dirigeantes. Le président Bassirou Diomaye Faye avait également exprimé l’indignation du pays en Conseil des ministres le même jour. Pour Dakar, la contestation ne portait donc pas seulement sur le retrait du titre, mais aussi sur les conditions et la légitimité de la décision.

En avril, le président de la CAF, Patrice Motsepe, s’était rendu à Dakar. Interrogé sur la démarche sénégalaise, il avait déclaré qu’il accueillerait et soutiendrait toute enquête sur la corruption, quelle que soit l’entité qui la demanderait. Il avait aussi promis de combattre tout cas qui serait établi. Aucune enquête internationale n’a ensuite été officiellement annoncée par la CAF, la FIFA ou une autre autorité, et aucun organe indépendant n’a été désigné.

Selon senenews, les autorités sénégalaises n’ont pas communiqué publiquement sur les suites de leur demande. Aucune saisine d’une instance internationale ni aucun calendrier n’ont été rendus publics, et aucun élément de preuve n’a été présenté. Le gouvernement et la Fédération sénégalaise de football ont concentré leurs efforts sur le recours devant le Tribunal arbitral du sport, qui a examiné celui de la FSF.

Le contentieux porte aussi sur la décision administrative du 17 mars, qui a modifié le résultat acquis sur le terrain. Le gouvernement avait annoncé le recours aux juridictions sportives internationales, notamment au TAS, en même temps que sa demande d’enquête indépendante.

Un ancien secrétaire général de la Fédération togolaise de football avait qualifié le Jury d’appel de la CAF de jury « recomposé sur mesure pour la circonstance ».

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