La lutte contre les crimes économiques et financiers prend une nouvelle dimension au Sénégal. Le Pool judiciaire financier (PJF), juridiction spécialisée mise en place en remplacement de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), affiche des chiffres impressionnants depuis son installation en 2024.
Selon des informations publiées par L’Observateur, le PJF a déjà procédé à l’arrestation de 1 090 personnes dans le cadre de près de 600 dossiers transmis aux cabinets d’instruction.
Les enquêtes menées par cette juridiction spécialisée s’appuient notamment sur plusieurs rapports issus des organes de contrôle de l’État. Le quotidien révèle ainsi que les investigations concernent 55 rapports de la CENTIF, 9 rapports de l’OFNAC, 9 autres de l’Inspection générale d’État (IGE), ainsi qu’un rapport de la Cour des comptes.
Toujours selon L’Observateur, une centaine d’affaires ont déjà été jugées tandis que de nombreux dossiers restent encore en cours d’enquête ou d’instruction.
Au-delà des arrestations, les investigations ont également conduit à d’importantes saisies financières et immobilières.
Les saisies et cautionnements en numéraire dépasseraient les 35 milliards de francs CFA, rapporte le journal du Groupe Futurs Médias (GFM) parcouru par Senego.
À cela s’ajoutent plusieurs biens immobiliers saisis dans le cadre des procédures judiciaires. Le PJF aurait notamment récupéré six immeubles bâtis estimés à près de 3,9 milliards de francs CFA.
La juridiction a également procédé à la saisie de plus de 115 véhicules ainsi que de vingt titres fonciers représentant plus de 200 hectares de terrains.
Divers autres biens mobiliers figureraient aussi dans les actifs placés sous main de justice dans le cadre de cette vaste traque des délits économiques et financiers.
Face à l’ampleur des dossiers traités, le Pool judiciaire financier chercherait désormais à renforcer ses capacités opérationnelles.
Parmi les priorités évoquées figurent le recrutement d’assistants spécialisés, la création d’une unité d’enquête exclusivement dédiée au PJF ainsi qu’un renforcement continu des compétences afin de mieux faire face à une délinquance financière jugée de plus en plus complexe et évolutive.