Pikine : l’AJSPD et la FAO sensibilisent les restauratrices à l’hygiène

À la gare routière des Baux maraîchers de Pikine, une séance de sensibilisation a réuni mardi 22 septembre 2026 des restauratrices, des journalistes en santé et des responsables de la FAO. L’objectif portait sur les règles d’hygiène et la sécurité des aliments vendus sur place, dans un secteur où les risques bactériens restent liés notamment à la qualité de l’eau utilisée par les vendeurs.

Organisée par l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la rencontre a mis en évidence un décalage entre les efforts des vendeuses et l’état des espaces de travail. La sensibilisation des restauratrices intervient alors que l’entretien des lieux relève, selon plusieurs témoignages, des responsables du garage.

Fatou Sidibé explique que les occupantes paient 3 000 FCfa par jour pour leur local, soit 90 000 FCfa par mois. Elle estime que la maintenance des espaces publics doit être assurée par les gestionnaires du site. Pour la sécurité sanitaire, elle affirme toutefois faire le nécessaire et respecter les visites médicales semestrielles exigées pour exercer.

Dada Diallo, qui commence la préparation du petit-déjeuner dès 4 heures du matin, considère l’application des règles comme une obligation. Elle indique qu’un déversoir permet d’évacuer les eaux domestiques et précise que les aliments restants sont distribués plutôt que gardés. Ndèye Ndiaye, de son côté, assure renouveler son certificat médical à chaque échéance, alors que le Service d’hygiène mène des contrôles inopinés.

La question de l’eau demeure toutefois un point de contrôle déterminant pour la préparation des aliments et des boissons. Lors des Mercredis de l’AJSPD du 29 juillet 2026, le Dr Mamadou Ndiaye, expert de la FAO, avait alerté sur les risques bactériens des aliments de rue, en soulignant que l’eau utilisée par les vendeurs est souvent de mauvaise qualité faute de dispositifs adéquats. Il avait appelé à la tenue d’un conseil interministériel au Sénégal afin de renforcer la réponse à cette question sanitaire.

Les pratiques d’emballage ont également été évoquées. Le Dr Mamadou Ndiaye, consultant de la FAO en sécurité sanitaire des aliments, a salué les progrès constatés dans l’aération des bâtiments, tout en demandant un entretien plus régulier. Il a déconseillé l’utilisation de vieux journaux, dont l’encre et certains métaux peuvent présenter un risque pour la santé. Comme l’écrit dakar92, il invite aussi les consommateurs à privilégier la qualité des aliments plutôt que le seul prix.

Ces efforts s’inscrivent dans une dynamique plus large observée lors de la caravane d’hygiène, qui a visité Dakar, Thiès et Kaolack du 11 au 14 août 2026. Le Dr Mamadou Ndiaye y avait relevé des avancées dans la vente de rue, tout en appelant à maintenir la vigilance. À Kaolack, un chariot destiné aux rôtisseurs était alors en phase de finition, tandis que la qualité de l’eau restait un élément central du contrôle.

Mame Fatou Dieng estime que l’absence d’hygiène affecte à la fois la présentation et la qualité des repas. Adjointe au maire de Guinaw Rail Sud, Aminata Diallo a rappelé que les vendeurs de rue doivent appliquer des mesures strictes, affirmant qu’il est impossible de commercialiser des aliments dans des lieux insalubres.

Gnoukhoussa Diakhaté, secrétaire général de l’Association des relais de la sécurité sanitaire des aliments, a appelé à une vigilance accrue et signalé que son organisation regroupe plus de vingt membres.

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