Patience et persévérance : Diomaye Faye adresse un message à la jeunesse et à Sonko

« Rien de durable ne naît dans la précipitation. » C’est par cette formule que le président Bassirou Diomaye Faye a conclu son discours, ce week-end, lors de la cérémonie officielle commémorant le centenaire de la naissance de l’ancien président Abdoulaye Wade. Une sortie qui sonne comme une mise en garde, notamment à l’endroit de son Premier ministre Ousmane Sonko et de certains cadres de Pastef.

Devant un parterre d’invités, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de ne pas réduire l’héritage des grandes figures à une simple mémoire contemplative. Il a voulu, dit-il, « s’arrêter sur quelques-unes de ces vertus, non pas pour les admirer dans le passé comme l’on visite le Monument de la Renaissance, mais parce qu’elles ont pour notre temps quelque chose à nous enseigner ».

Au cœur de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant une qualité qu’il juge essentielle chez son prédécesseur : la patience. Une vertu qu’il oppose à l’impatience ambiante. « Nous vivons un siècle pressé. Tout y est attendu pour hier. La lenteur passe pour une faute. L’attente pour une défaite », a-t-il souligné, avant de rappeler le long parcours de Wade : quatre candidatures infructueuses (1978, 1983, 1988, 1993) avant la victoire en 2000, après vingt-six ans d’obstination.

Selon nos confrères d’Exclusif, le président a également adressé un message direct à la jeunesse, la mettant en garde contre les illusions de la facilité. « Jeunesse à qui notre époque promet sans cesse que tout est facile et que tout est dû, cette vie, celle de Wade, enseigne une vérité plus rude et plus belle : rien de durable ne naît dans la précipitation », a-t-il déclaré.

Cette sortie intervient dans un contexte de tensions au sein de Pastef, où plusieurs responsables, proches de Sonko, ont refusé de siéger dans le gouvernement et s’opposent à une éventuelle candidature de Diomaye pour un second mandat. Le président a ainsi profité de la cérémonie pour rappeler que « patience est une forme haute de courage, car il est plus difficile d’attendre sans faiblir que de céder à l’empressement d’un jour ».

En réaction, Ousmane Sonko a recadré le parti en rappelant l’ADN programmatique de Pastef, tandis que Fatou Cissé Goudiaby a directement traité Diomaye de « traître », illustrant les fractures qui traversent la coalition au pouvoir.

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