« Donner confiance aux jeunes, c’est déjà gagner » : Baba Hamdy s’adresse à Pape Thiaw

Lettre ouverte de Baba Hamdy à Pape Thiaw, sélectionneur national du Sénégal
Monsieur Pape Thiaw,

Je vous écris avec beaucoup de respect.
Si j’avais eu le privilège de vous connaître personnellement, je vous aurais probablement appelé directement. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai toujours fonctionné lorsque j’estimais pouvoir apporter une contribution ou attirer l’attention sur un sujet important.

Malheureusement, nous ne nous connaissons pas. C’est donc par cette lettre ouverte que je me permets de m’adresser à vous.
Je ne vous écris ni comme entraîneur, ni comme spécialiste du football. Je vous écris comme artiste, producteur et citoyen sénégalais profondément attaché à son pays.
Je ne vous écris pas non plus pour vous donner des leçons. Si vous êtes aujourd’hui à la tête de l’équipe nationale du Sénégal, c’est parce que vous avez travaillé pour mériter cette responsabilité. Je respecte cela.

Je sais également qu’aucun sélectionneur ne fait l’unanimité. C’est la réalité du leadership.
Lorsque l’on dirige un groupe composé de personnalités fortes, de talents exceptionnels et de millions de supporters passionnés, chaque décision est observée, commentée et parfois critiquée.

Mais je voudrais attirer votre attention sur un point qui me semble fondamental.
Aujourd’hui, le football moderne ne se joue plus uniquement sur le terrain. Il se joue dans la tête des joueurs. Il se joue dans leur confiance. Il se joue dans leur état émotionnel. Il se joue dans leur sentiment d’appartenance. Il se joue dans la manière dont ils se sentent considérés.

Je pense notamment à ces jeunes joueurs qui représentent l’avenir de notre football.
Je pense à Ibrahima Mbaye. Je pense à Iliman Ndiaye. Je pense également à d’autres jeunes talents qui ont choisi le Sénégal alors qu’ils avaient parfois d’autres possibilités devant eux.

Lorsqu’un jeune joueur choisit le Sénégal, il ne choisit pas seulement un maillot.
Il choisit une histoire. Il choisit un peuple. Il choisit dix-neuf millions de Sénégalais. Il choisit également tout un continent qui observe ses premiers pas.

Et lorsque ce joueur entre sur le terrain avec la certitude que son entraîneur croit en lui, quelque chose change.

Son engagement change. Son énergie change. Son audace change. Sa performance change.
L’être humain fonctionne ainsi.

Nous donnons davantage lorsque nous sentons que l’on croit en nous. Nous donnons davantage lorsque nous sommes investis d’une mission. Nous donnons davantage lorsque la confiance nous est accordée.

C’est pourquoi je pense que la dimension psychologique du football est aujourd’hui aussi importante que la dimension tactique.
Les systèmes de jeu comptent. Les schémas comptent. La préparation physique compte.
L’expérience compte. Mais la confiance compte tout autant. Parfois davantage.

Je regarde les grandes nations du football et je constate une chose : elles n’ont pas peur de lancer leurs jeunes talents. Elles leur donnent de la responsabilité.
Elles leur donnent du temps. Elles leur donnent le droit de grandir.

Kylian Mbappé était très jeune lorsqu’il est devenu champion du monde. Lamine Yamal était très jeune lorsqu’il s’est imposé au plus haut niveau européen. Personne ne leur a demandé d’attendre.

On leur a donné une opportunité. Et surtout, on leur a donné confiance. Je ne vous demande pas de changer votre manière de travailler. Je ne vous demande pas de bouleverser vos choix.

Je vous invite simplement à mesurer l’impact que peut avoir la confiance accordée à un jeune joueur. Car un joueur qui sent que son entraîneur croit en lui est souvent capable de dépasser ses propres limites.

Je voudrais également attirer votre attention sur un autre sujet. Je ne souhaite pas revenir longuement sur les questions de primes, de contrats ou de salaires.

Mais je souhaite sincèrement que ces sujets ne reviennent plus sur la place publique lorsque le Sénégal est en compétition. Parce que l’image du Sénégal est plus grande.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

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28 commentaires

  1. Je partage cette contribution équilibrée, sereine et mesurée dans le ton. En en comprenant l’essence que P. THIAW fasse jouer les jeunes pcq ambitieux, patriotiques et talentueux.
    Contre l’Irak: Y. DIOUF/ DIATTA – P. CISS – NIAKHATÉ – JACKOBS/ B. S. NDIAYE – DIARRA/ DIAO à gauche – I. NDIAYE (10) – I. SARR (9) – I. MBAYE à droite.

  2. « Faire confiance » résonne beaucoup mieux dans l’esprit que « donner confiance ».
    Voici pourquoi cette formule est bien plus puissante : Plus naturelle et idiomatique : En français, l’expression « faire confiance » est une locution ancrée et fluide. « Donner confiance » sonne parfois un peu lourd ou traduit de l’anglais (to give confidence).
    Une posture d’égal à égal : « Donner » peut avoir un côté paternaliste, comme si vous possédiez la confiance et que vous la distribuiez. « Faire confiance », c’est un acte de reconnaissance. Vous validez leur valeur et leur potentiel.
    Ma contribution pour cet excellent texte.

  3. Même un entraîneur étranger ne nous ferai pas une chose pareil Pape Thiaw à regarder le match contre France donc il a fait exprès c’est du sabotage

  4. Doucement les gars!
    On va pas lancer tous les jeunes subitement dans un match meme si c vrai qu il est temps de remanier ce collectif vieillissant.
    Ces jeunes avec leur fougue ont aussi des défaillances. Un elimane et un Ibrahima mbaye malgré leur talent , ne se replient pas si vite quand ils perdent le ballon. Donc faites leur jouer beaucoup soit comme titulaires ou remplaçants .

  5. Donner leur chance aux jeunes, c’est investir dans l’avenir. La confiance révèle souvent des talents que personne n’attendait. À eux ensuite de répondre sur le terrain.

  6. Vrai,
    la dimension psychologique est primordiale; la confiance en soi et celle reçue de la hiérarchie ou de ses hommes. Les manquer ferait trembler les pieds de beaucoup de joueurs sur le terrain et d’un coach, amènerait d’autres à tricher, à se cacher, à ne pas prendre leur responsabilité, à ne pas s’engager pleinement advienne que pourra, ou pire péter les plombs.
    Moi, à la lecture du comportement de certains sur le terrain, cette problématique apparait: prenons Gana, il veut jouer, mais n’est pas physiquement et athlétiquement prêt, alors c’est le gosse Camara qu’il pousse à aller au charbon comme un pitbull le poussant à jouer contre-nature, et lui se comporte comme un sénateur sur le terrain; quand il s’agit de créer du jeu, il ne donne pas de solution ou de relai à Pape Guèye sauf pour revenir en arrière. Donc, la question est pourquoi le coach ne voit pas celà; bien sûr qu’il le voit mais Gana semble avoir un ascendant psychologique sur lui. Prenons Jackson, Ismaîla semble plus efficace que lui devant les buts, donc obligerait le coach à revoir ses plans mais depuis le match amical contre le Brésil où il semblait bouder le fait de démarrer sur le banc, le coach semble lui garantir une place de titulaire (pour ne pas subir son courroux?). Dans un autre sens, il y’a les bannis. le Sénégal a montré qu’il a besoin de joueurs pouvant déstabiliser et fatiguer la défense adverse (ce sera le cas contre l’Irak), nous savons tous que c’est Ib Mbaye et Illimane qui sont forts en celà, mais le 1er est abonné aux seconds rôles et l’autre, le coach ne sait quoi en faire si des cadres ne doivent pas sortir.

  7. Il faut au moins engager le match deux provocateurs qui pourront avoir des penaltys et les tirer eux mêmes. Ainsi le score sera sans appel.

  8. Franchement merci énormément vous avez tout dit et réellement se qui se passe dans cet équipe sénégalais qu’on arrête avec les sentiments et ceux qui doivent aller sur le terrain qu’on leurs donnent leurs chances un grand entraîneur devrait pas avoir ce problème égo ou d’avoir un complexe par rapport aux cadres de cet équipe qui prennent exemple sur d’autres entraîneurs et problèmes personnels qui le règle hors du terrain

  9. Baba Hamdy ici a parlé en sa qualité de Manager…le sport est une affaire de jeunesse…Kalidou koulibaly beaucoup plus jeune a bénéficié de la confiance de ses coachs pour en arriver là. Pape Thiaw doit penser aux plus jeunes et vifs de la tanière.
    Donc son donner confiance aux jeunes se justifie clairement.

  10. Tiens donc, des gars qui n’ont jamais coaché, entraîné sur un terrain de foot ou autres qui s’amuse à donne des leçons de préparation mentale !! On aura tout vu !! Dans un staff digne de ce nom, il y a normalement un préparateur mental. Mais voilà, on en est encore à la préparation mystique chez nous (cf la lutte). Si ce n’est pas le cas, jamais on atteindra le haut niveau mondial, quel que soit le sport !!! Poooovres de nous !!

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