Dans la bande de Gaza, les autorités onusiennes et les soignants alertent sur une nouvelle dégradation sanitaire dans les camps de déplacés, à l’approche de l’été. Sur fond de promiscuité, de hausse des températures et de manque de matériel médical, les infections cutanées progressent dans plusieurs zones du territoire palestinien.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, affirme que le nombre d’infections de la peau a triplé ces derniers mois. La gale, la varicelle et d’autres maladies se propagent particulièrement parmi les enfants, dans des camps surpeuplés où les conditions d’hygiène continuent de se détériorer.
L’ONU rappelle qu’en 2024, au moins 150 000 personnes à Gaza avaient souffert de maladies cutanées. Malgré un cessez-le-feu présenté comme en vigueur depuis octobre 2025, le territoire reste soumis à des frappes israéliennes, tandis qu’un blocus limite fortement l’entrée d’équipements médicaux essentiels. Le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric, a déclaré le mois dernier que les parasites et les infections cutanées continuaient d’augmenter dans les sites de déplacement. Il a précisé qu’en mars, ces cas avaient dépassé les 9 000 à 10 000 personnes, contre environ 3 000 en janvier, dans les sites gérés par l’ONU.
Dujarric a appelé à faciliter l’entrée de shampoings anti-poux, lotions, produits d’hygiène, pesticides et insecticides afin d’éviter une urgence sanitaire plus grave. Dans le sud du territoire, à Khan Younès, les équipes municipales tentent de désinfecter les tentes pour ralentir la propagation. Le porte-parole de la municipalité, Saeb Lagan, a indiqué que plus de 50 000 tentes avaient été traitées en 26 jours, sur un total de 200 000. Il a toutefois signalé une pénurie de pesticides sur le marché local.
Dans le centre de Gaza, à Deir el-Balah, des centaines d’enfants souffrent de gale, de varicelle et d’autres affections liées au manque d’hygiène et à la promiscuité. Le médecin généraliste Salim Ramadan a expliqué que ces maladies se transmettent rapidement par contact rapproché, un facteur difficile à éviter dans les camps. Il a aussi indiqué que les médicaments manquaient, tout comme les conditions nécessaires après traitement, notamment une alimentation adéquate, une bonne ventilation et une hygiène suffisante.
Un déplacé palestinien, Fawzi al-Najjar, a décrit des camps saturés, installés selon lui à proximité d’ordures, avec la présence de chiens, chats, puces et rats. Faute de fournitures médicales, de nombreuses familles disent recourir à des remèdes artisanaux pour tenter de soulager leurs proches.