Gaza : L’ONU valide cinq missions mais se heurte à un refus israélien sur ce site vital de Khan Younès

Quatre mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la normalisation de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza reste soumise à des aléas administratifs complexes. Si l’intensification des flux a permis d’éviter le pire scénario sanitaire, l’Organisation des Nations unies pointe du doigt la persistance de restrictions ciblant des installations techniques spécifiques, malgré les accords en place.

Selon les données communiquées vendredi par l’agence Anadolu, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a dressé un bilan mitigé des dernières tentatives de coordination sur le terrain. Sur huit missions humanitaires planifiées par les équipes onusiennes, cinq ont été « pleinement facilitées » par les autorités israéliennes. Ces opérations ont permis l’acheminement de vivres et de matériel médical via les points de passage de Kerem Shalom et Karem Abu Salem, ainsi que la supervision de cargaisons aux frontières.

Cependant, trois missions se sont vu refuser l’accès. Parmi elles, une mission jugée critique devait se rendre à la station de traitement des eaux usées de Khan Younès. Ce refus intervient alors que les infrastructures d’assainissement sont déterminantes pour prévenir les épidémies dans une zone où la densité de population atteint des niveaux critiques.

**Une précarité persistante malgré l’arrêt des combats**

Si Stéphane Dujarric reconnaît que l’aide a « sauvé d’innombrables vies et repoussé la famine », la situation logistique sur place demeure tendue. Près de 1,5 million de personnes, soit deux Palestiniens sur trois, vivent encore dans un millier de sites de déplacement. Ces familles s’abritent sous des tentes qui n’offrent qu’une protection limitée contre les intempéries et aucune intimité réelle.

Les partenaires humanitaires ont pu distribuer du matériel de couchage et des vêtements à plus de 85 000 familles en janvier, mais l’ONU insiste désormais sur la nécessité de lever les restrictions concernant les matériaux de construction. L’entrée de ces équipements est jugée indispensable pour offrir des solutions plus durables qu’un hébergement d’urgence.

Le bilan humain et matériel reste lourd. Le conflit, qui a duré deux ans avant le cessez-le-feu du 10 octobre, a entraîné la destruction de 90 % des infrastructures civiles, avec un coût de reconstruction estimé à près de 70 milliards de dollars. Depuis l’arrêt officiel des hostilités, le ministère de la Santé de Gaza rapporte que 591 Palestiniens ont perdu la vie et plus de 1 500 ont été blessés lors d’incidents isolés ou d’attaques sporadiques.

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