« Nous utiliserons nos pouvoirs pour dire non ». C’est l’avertissement lancé par Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, face à l’éventualité d’une restructuration de la dette publique sénégalaise. Interrogé alors qu’une mission du FMI est attendue à Dakar, le leader de PASTEF a fixé ses lignes rouges, tout en reconnaissant que la situation a évolué depuis son départ de la Primature (dakaractu).
Sonko a rappelé qu’il s’était opposé à une « restructuration sauvage » lorsqu’il était Premier ministre, estimant que le Sénégal n’était alors pas en défaut de paiement et continuait à honorer ses engagements. Selon lui, un accord avec le FMI restait possible sans passer par une restructuration brutale. Désormais, il admet que les marges de manœuvre se sont réduites, entre la crise de la dette et les nouvelles tensions internationales, notamment dans le Golfe.
« Nous apprécierons au fur et à mesure les développements », a-t-il déclaré, tout en avertissant que l’Assemblée nationale pourrait utiliser ses prérogatives constitutionnelles si une solution venait à compromettre les ambitions de transformation économique du Sénégal. Cette menace parlementaire marque une évolution dans sa position : en janvier 2026, alors Premier ministre, il avait rejeté catégoriquement toute restructuration, estimant que le FMI portait une part de responsabilité dans la crise.
Le ministre des Finances, Cheikh Diba, s’était également montré ferme fin février 2026 : « Nous sommes contre la restructuration. Ce n’est pas une question d’orgueil », avait-il déclaré à l’Assemblée nationale, en phase avec la ligne de Sonko. Le gouvernement mise sur une gestion active de la dette comme alternative, pour alléger les échéances sans subir les effets négatifs d’une restructuration.
Sonko a également dénoncé l’héritage du précédent régime, avec une dette de 7 600 milliards de francs CFA contractée sous Macky Sall, et averti qu’il n’y a pas encore de richesse à distribuer, la dette devant être remboursée collectivement.

