Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a menacé de renverser le gouvernement « autant de fois que nécessaire » lors d’un discours à Touba, ce jeudi 13 juillet 2026. Il a profité de l’inauguration du siège local du Pastef pour régler ses comptes avec le président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié.
Un passif lourd de tensions
Les relations entre les deux hommes se sont dégradées depuis le limogeage de Sonko du poste de Premier ministre, le 22 mai 2026. Par la suite, l’actuel président de l’Assemblée nationale a révélé un accord secret conclu à la prison du Cap Manuel. Selon lui, Diomaye Faye s’était engagé à ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2029. La découverte d’une dette cachée de près de 11 milliards de dollars a également exacerbé les tensions.
Selon Koaci, c’est dans ce climat de défiance que Sonko s’est exprimé devant les militants. Il a accusé le chef de l’État de ne pas faire des Sénégalais sa priorité et a dénoncé sa manière d’exercer le pouvoir. Il a également estimé que le président se laisse « facilement manipuler » par certains responsables politiques et par l’opposition.
Le président de l’Assemblée nationale, qui dispose d’une majorité confortable grâce aux élections législatives de 2024, a affirmé qu’il n’hésiterait pas à faire tomber le gouvernement à plusieurs reprises. Cette menace fait suite à un point de presse, le 2 juin, où il avait détaillé les raisons de sa rupture avec le président. Par ailleurs, les tentatives de Faye de contacter directement des cadres du Pastef pour composer le gouvernement, sans passer par Sonko, ont accentué le différend.
« Que Dieu nous préserve d’un président frileux. C’est une catastrophe », a lancé Ousmane Sonko à l’endroit du président Faye.
