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OFNAC : les signalements de corruption en hausse depuis la loi sur les lanceurs d’alerte

Dakar – L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) constate une hausse des signalements de présumés cas de corruption depuis l’entrée en vigueur de la loi relative au statut et à la protection des lanceurs d’alerte, adoptée en septembre 2025. L’information a été donnée mercredi à Dakar par le président de l’institution, Moustapha Ka, en ouverture d’un atelier de partage et de vulgarisation du texte.

« Depuis l’adoption de la loi n°2025-13 du 4 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d’alerte, nous avons noté une augmentation des signalements de corruption parce que les citoyens se sentent désormais en sécurité », a déclaré le magistrat, cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Cette dynamique intervient alors que des lanceurs d’alerte annoncent leur intention de saisir l’OFNAC sur les marchés Intermaq et Aser, le premier étant estimé à près de 85 milliards de francs CFA. Ces dossiers illustrent l’ampleur des enjeux que la nouvelle loi entend traiter.

Protection et incitations financières

Organisé en partenariat avec la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), l’atelier réunit sur deux jours des représentants des administrations publiques, de la société civile et des médias. L’objectif est de vulgariser le contenu de la loi, les critères d’éligibilité au statut de lanceur d’alerte, les procédures de signalement et les mécanismes de protection.

Moustapha Ka a rappelé qu’un lanceur d’alerte bénéficie d’une immunité légale et ne peut être poursuivi du seul fait de sa dénonciation, sauf en cas de mauvaise foi ou de dénonciation diffamatoire. « Un employé ne peut être licencié, muté ou déplacé en raison de son signalement », a-t-il insisté. L’OFNAC dispose également d’un département d’investigation composé de gendarmes et de policiers pour assurer une protection opérationnelle. « Pas plus tard qu’hier, j’ai reçu une demande de protection d’un lanceur d’alerte qui, après un signalement, s’est senti menacé », a révélé M. Ka, dans des propos rapportés par Xalima.

La loi prévoit aussi un dispositif incitatif : tout signalement ayant conduit au recouvrement effectif de fonds détournés ouvre droit à une récompense équivalant à 10 % du montant récupéré. « La corruption prospère rarement au grand jour. Elle s’installe dans les zones d’ombre et dans les pactes tacites entre corrupteurs et corrompus. C’est précisément ce cercle de silence que la loi entend briser », a soutenu le président de l’OFNAC.

Mathy Pen, représentante de la PPLAAF, a salué une « avancée législative historique » pour le Sénégal et le continent, tout en rappelant qu’« une loi ne vit pas de son existence, elle vit par son application ». Elle a invité les journalistes et les acteurs de la société civile à maîtriser les procédures de signalement pour accompagner efficacement les lanceurs d’alerte sans compromettre leur protection.

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