La guerre américano-israélienne en Iran engendre de lourdes répercussions à l’échelle mondiale, affectant particulièrement la sécurité alimentaire et l’économie globale. Les Nations Unies alertent sur une détérioration imminente et durable des conditions de vie pour plusieurs populations vulnérables.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le conflit va replonger plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté. Alexander De Croo, actuel administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a souligné jeudi que les effets en cascade des affrontements accroîtront l’insécurité alimentaire dans les prochains mois. Il a précisé que ces conséquences se feront sentir même en cas d’arrêt immédiat des hostilités.
Les perturbations s’expliquent largement par le blocage des navires de marchandises dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime par laquelle transite un tiers de l’approvisionnement mondial en engrais, dont le Moyen-Orient est un producteur majeur. Ces entraves logistiques, touchant également le carburant, ont déjà causé une baisse de la productivité agricole et impacteront directement les prochaines récoltes.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a prévenu qu’une crise prolongée dans ce détroit pourrait déclencher une catastrophe alimentaire mondiale. Parmi les nations les plus exposées figurent la Somalie, le Soudan, le Kenya, l’Égypte, la Tanzanie, ainsi que l’Inde, le Bangladesh et le Sri Lanka. L’administrateur du PNUD a indiqué que l’insécurité alimentaire atteindra son point culminant d’ici quelques mois.
Sur le plan macroéconomique, les retombées de ce conflit ont déjà effacé entre 0,5 % et 0,8 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Par ailleurs, les attaques initiées le 28 février dernier ont obstrué d’importants itinéraires d’acheminement de l’aide humanitaire. Ce blocage retarde les expéditions vitales destinées à des régions déjà éprouvées, contraignant les acteurs humanitaires à réduire leur assistance face à des populations de plus en plus précaires.
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