Guerre en Iran : l’ONU évalue l’impact mondial du conflit et redoute le franchissement de ce seuil d’ici juin

L’intensification des opérations militaires au Moyen-Orient commence à faire ressentir ses effets bien au-delà des zones de combat. Alors que les tensions entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran s’inscrivent dans la durée, les agences internationales mesurent désormais les répercussions logistiques de cette crise sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Programme alimentaire mondial (PAM) a établi une projection liée à la poursuite de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Carl Skau, directeur exécutif adjoint de l’agence onusienne, a indiqué mardi que si le conflit et les représailles iraniennes se prolongent jusqu’au mois de juin, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans une situation de faim aiguë.

Cette détérioration s’expliquerait principalement par la hausse des prix et la perturbation des routes maritimes. Depuis le début des frappes américano-israéliennes le 28 février, les coûts d’expédition ont bondi de 18 %. Plusieurs cargaisons humanitaires vitales ont dû être déroutées. À ces surcoûts logistiques s’ajoutent des coupes budgétaires sévères pour le PAM, les pays donateurs réorientant massivement leurs financements vers les dépenses de défense. Si ce scénario se confirme, l’insécurité alimentaire aiguë atteindrait un record historique, s’ajoutant aux 319 millions de cas déjà recensés à l’échelle globale.

Les conséquences de cette escalade avec l’Iran se font d’abord sentir dans l’enclave de Gaza, où les habitants se pressent pour stocker des denrées de plus en plus rares. Les fermetures de frontières, actées par Israël le jour même du déclenchement des frappes pour des raisons de sécurité, ont aggravé les pénuries. Une réouverture partielle du point de passage de Rafah avec l’Égypte est prévue ce mercredi, mettant fin à deux semaines de blocage. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) précise que seuls 200 camions entrent quotidiennement, contre les 600 estimés nécessaires.

Cette tension sur l’aide internationale frappe également d’autres régions en situation d’urgence, à l’image du Soudan. Dans ce pays déchiré par trois années d’affrontements entre le gouvernement militaire et les Forces de soutien rapide, plus de 21 millions d’habitants sont confrontés à une faim aiguë. L’état de famine a été confirmé dans plusieurs zones où les combats rendent l’accès humanitaire impossible. Ce conflit soudanais a déjà fait des dizaines de milliers de morts et 14 millions de déplacés. Dès le mois de janvier, l’ONU avait prévenu que les réserves d’aide destinées au Soudan pourraient s’épuiser en quelques mois sans un apport financier supplémentaire de plusieurs centaines de millions de dollars.

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