Le vice-président américain JD Vance a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche l’échec des négociations directes avec l’Iran à Islamabad. Après 21 heures de discussions intenses, les délégations américaine et iranienne n’ont pas réussi à conclure un accord pour mettre fin à la guerre.
« Une plus mauvaise nouvelle pour l’Iran que pour les États-Unis »
S’exprimant devant la presse à l’issue de ce marathon diplomatique, JD Vance a salué le rôle du Pakistan tout en assumant la responsabilité iranienne dans le blocage. « Nous y travaillons maintenant depuis 21 heures. Nous avons eu un certain nombre de discussions substantielles avec les Iraniens. C’est la bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est que nous n’avons pas conclu d’accord. Et je pense que c’est une bien plus mauvaise nouvelle pour l’Iran que pour les États-Unis d’Amérique », a-t-il déclaré, remerciant au passage le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir pour leur médiation.
Le vice-président a été catégorique : « Nous rentrons à Washington en ayant clairement exposé nos lignes rouges. Ils ont choisi de ne pas accepter nos conditions. »
Le nucléaire, nœud gordien des pourparlers
Vance a précisé que Washington exige un engagement ferme de Téhéran à ne pas développer l’arme nucléaire, non seulement à court terme, mais de manière durable. « Nous n’avons pas encore vu cet engagement. Nous espérons que cela viendra », a-t-il ajouté.
Au-delà du nucléaire, le contrôle du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial, est resté l’un des principaux points de blocage entre les deux parties. Les médias d’État iraniens ont dénoncé les « demandes excessives » des Américains sur cette question stratégique.
Une rencontre historique malgré l’impasse
Ces pourparlers constituaient la rencontre de plus haut niveau entre Washington et Téhéran depuis la révolution islamique de 1979. La délégation américaine comprenait, outre Vance, l’envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Côté iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf menait une délégation de plus de 70 personnes, accompagné du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Trump relativise : « Nous avons gagné, quoi qu’il arrive »
Depuis Washington, Donald Trump avait donné le ton dès samedi : « Peu importe ce qui se passe, nous avons gagné. Nous avons complètement vaincu ce pays. Peut-être qu’ils concluront un accord, peut-être pas, ça m’est égal. »
Le président américain avait également annoncé le début d’opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz par la marine américaine, avec le passage de deux destroyers lance-missiles américains à travers le détroit samedi, une première depuis le début de la guerre il y a six semaines.
Un conflit aux répercussions mondiales
La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, déclenchée le 28 février 2026, a déjà fait des milliers de victimes et provoqué une onde de choc sur l’économie mondiale. L’inflation américaine a bondi à 3,3 % en mars en raison du conflit. La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, a perturbé les chaînes d’approvisionnement et fait flamber les prix de l’énergie.
Parallèlement, Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah au Liban, affirmant que ce front n’est pas couvert par le cessez-le-feu avec l’Iran — une position contestée par Téhéran et qui a menacé de faire dérailler les négociations tout au long du week-end.
Et maintenant ?
Le cessez-le-feu de deux semaines, conclu mardi, reste extrêmement fragile. L’échec d’Islamabad ouvre désormais une période d’incertitude majeure, alors que Trump a menacé de reprendre les frappes si aucun accord n’est trouvé. Des pourparlers séparés entre Israël et le Liban sont prévus mardi à Washington.
Pour Vance, qui avait été choisi précisément pour son profil moins belliciste au sein de l’administration Trump, cet épisode représentait « probablement le moment le plus important » de son vice-présidence. L’ancien opposant aux interventions militaires n’a pas réussi à transformer son capital diplomatique en accord, mais il a posé les bases de ce que certains analystes appellent déjà la « doctrine Vance 2026 » : pression maximale assortie d’une offre de négociation conditionnelle.