OCRTIS : 112 pierres de Kush et de crack saisies, Tapentadol et haschich interceptés

Des pierres de Kush et de crack d’un côté, des médicaments contrefaits de l’autre. Entre le 9 et le 26 mai 2026, l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants a mené des opérations dans plusieurs régions du Sénégal, avec à la clé des arrestations, des saisies de drogues, de produits pharmaceutiques frauduleux et de matériels utilisés par les trafiquants. Le tableau qui se dessine est celui de réseaux à plusieurs étages : drogues synthétiques et dures, opioïdes comme le Tramadol et le Tapentadol, mais aussi chanvre indien et haschich, sur des circuits qui dépassent le simple deal de quartier.

À Diamniadio et à Cap Skirring, les enquêteurs ont mis fin à des activités de distribution de Kush et de crack. Les policiers y ont récupéré 112 pierres de drogue et interpellé neuf personnes, dont des ressortissants étrangers, un élément qui renforce la lecture d’un trafic connecté à des relais transnationaux plutôt qu’à des équipes isolées. À Keur Massar, un réseau familial présenté comme actif dans le trafic de drogues dures a aussi été neutralisé, avec des saisies de MDMA et de crack : là encore, l’enjeu n’est pas seulement la vente au détail, mais la capacité de ces filières à mêler ancrage local, logistique et approvisionnement diversifié.

L’OCRTIS a également visé le commerce illicite de médicaments. À Diaobé et à Kidira, plusieurs personnes ont été arrêtées pour exercice illégal de la pharmacie et vente frauduleuse de Tapentadol, un opioïde décrit comme dangereux pour la santé publique. Ces opérations s’inscrivent dans un front plus large contre la circulation d’opioïdes détournés, où le Tapentadol côtoie le Tramadol dans des marchés parallèles particulièrement surveillés. Des stocks de produits pharmaceutiques ainsi que des motos servant au transport ont été saisis. Sur les circuits du chanvre indien et du haschich, les opérations ont abouti à la récupération de près de 4 kilogrammes à Kaolack et de 3,8 kilogrammes à Mbacké, à la sortie de l’autoroute à péage. À Louga, des techniques d’achat surveillé et d’infiltration ont permis d’arrêter des trafiquants présumés, tandis que d’autres interventions ont eu lieu à Yoff, Ngor, Almadies, Yeumbeul et Kounoune.

Les autorités expliquent que cette séquence relève de la sécurisation du territoire et de la protection de la santé publique, sur la base du renseignement opérationnel et d’une coordination entre unités. Cette même série d’opérations a aussi visé des grossistes, des revendeurs, des livreurs et des complices, depuis des structures familiales jusqu’à des filières internationales. L’ampleur des saisies et la mise sous scellés de moyens logistiques montrent d’ailleurs que les enquêteurs cherchent autant à casser les stocks qu’à désorganiser les chaînes de distribution. Les personnes interpellées ont été placées en garde à vue pour association de malfaiteurs, trafic intérieur de stupéfiants, blanchiment de capitaux, complicité et usage de drogues, et, d’après les précisions rapportées par Sud Quotidien, de l’argent, du matériel de conditionnement, des téléphones portables et des véhicules ont aussi été placés sous scellés.

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