Doudou Diop a demandé à l’État sénégalais de reconnaître officiellement les semences paysannes. Le paysan et militant agricole a formulé cet appel le 16 avril 2026 à Ndiémane, lors d’un entretien accordé en marge de la foire locale des semences paysannes.
En points clés :
• Doudou Diop réclame une loi permettant aux paysans de produire, développer, distribuer et échanger leurs semences dans un cadre légal. Il dit refuser que les producteurs soient traités comme des « délinquants » pour avoir conservé et échangé leurs propres semences.
• Il affirme que la souveraineté alimentaire commence par le droit des paysans à maîtriser leur patrimoine semencier. Il se présente comme défenseur de l’agriculture biologique et du plaidoyer pour la reconnaissance légale des semences paysannes.
• À Ndiémane, où la foire s’est tenue du 14 au 16 avril, Seneplus rapporte que Doudou Diop a renouvelé sa revendication sur la propriété des semences paysannes par les agriculteurs pratiquant une agriculture traditionnelle.
• Le militant agricole appelle en particulier le régime actuel à revoir les dispositions légales. Il demande que l’État fasse reconnaître officiellement ces semences pour que les paysans puissent exercer leurs activités sans être considérés comme des hors-la-loi.
• Dans ses propos, il juge absurde que des institutions étatiques utilisent des semences traditionnelles pour les certifier ou leur attribuer des normes, avant d’interdire ensuite aux paysans de les reproduire ou de les commercialiser. Il y voit une forme d’expropriation des savoirs agricoles traditionnels.
• Doudou Diop dit que des variétés de semences détenues par les paysans ont été emportées, « soi-disant pour être améliorées », puis rendues avec interdiction de reproduction ou de vente entre paysans. Il demande que cette situation soit revue.
• L’entretien a été réalisé à Ndiémane, dans le département de Mbour, pendant une foire organisée par l’Association des producteurs de semences paysannes. Les organisateurs indiquent que la rencontre visait à promouvoir, échanger et défendre les semences paysannes ainsi que les bonnes pratiques culturales.
• Pour ces organisateurs, cette foire constitue aussi une forme de résistance face à ce qu’ils qualifient d’« impérialisme semencier » imposé aux agriculteurs.
Enfin, les langues se délient ! Ce secteur d’activité ne pourra véritablement s’épanouir tant que les revendications légitimes des acteurs du terrain ne seront pas satisfaites. L’agriculture nécessite aujourd’hui des États généraux pour redéfinir nos priorités : assurer l’autosuffisance alimentaire, garantir la rentabilité des exploitations et favoriser une insertion professionnelle durable pour la jeunesse.
À cet égard, la promotion des semences locales est capitale ; l’État doit accompagner les producteurs dans la création d’un label de qualité aux standards internationaux, capable de garantir, sur le long terme, des produits de haute facture.
Vivement l’implémentation de cette méthode qui sonnera la fin de l’assistanat des paysans.