C’est un paradoxe qui dure depuis deux décennies. Si le Sénégal dispose d’un cadre législatif pour son agriculture depuis 2004, l’application concrète sur le terrain manquait toujours d’une harmonisation essentielle. Réunis à Saly les 11 et 12 février, les acteurs du secteur se sont penchés sur la structuration définitive de l’accompagnement des producteurs.
L’Agence nationale du Conseil agricole et rural (ANCAR) a pris l’initiative de rassembler les parties prenantes pour combler ce retard. L’objectif de cet atelier était clair : élaborer enfin la politique et la stratégie nationale du Conseil agrosylvopastoral et halieutique. En dépit de la Loi d’orientation agrosylvopastorale votée il y a vingt ans, le pays ne possédait pas encore de référentiel unique pour organiser la manière dont les services de conseil sont fournis aux agriculteurs et éleveurs.
Le constat dressé par les experts présents est sans appel. Actuellement, une multitude d’acteurs interviennent auprès du monde rural, créant une offre de services dispersée, peu lisible et dont l’efficacité reste en deçà des attentes. Selon les informations rapportées par nos confrères d’Emedia, cette rencontre visait précisément à corriger cette dispersion en posant les bases d’une politique cohérente.
Elhadji Faye, Directeur général de l’ANCAR, a souligné l’urgence de cette structuration pour la performance du secteur. « C’est en 2004 que notre pays a élaboré la loi agrosylvopastorale et halieutique. Mais il y a eu la nécessité de disposer d’une politique nationale de Conseil agrosylvopastoral et halieutique. Ce Conseil permettra à notre agriculture de décoller durablement », a-t-il précisé.
Les travaux de Saly ont permis d’examiner une note de cadrage soumise par les consultants. Celle-ci aborde des points techniques déterminants pour l’avenir de la profession : la définition claire des rôles et responsabilités de chaque intervenant, la professionnalisation du métier de conseiller agricole, et surtout la question centrale du financement de ces services. Ces axes sont désormais considérés comme prioritaires pour offrir aux producteurs sénégalais un accompagnement à la hauteur des enjeux de souveraineté alimentaire.