Niamey : des militaires mutins arrêtés après l’occupation de la base 101

À Niamey, la mutinerie au Niger s’est terminée samedi 29 août au soir, après l’occupation de la base aérienne 101 par plusieurs dizaines de militaires. Cette installation jouxte l’aéroport et abrite les quartiers généraux de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de l’Africa Corps russe.

Les mutins, venus de plusieurs unités de l’armée et principalement issus des forces spéciales, avaient rejoint la capitale notamment depuis Tillabéri et Dosso. Ils ont tenu la base durant la nuit de vendredi à samedi, avant d’en être délogés par la garde présidentielle. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été arrêtés.

Ces militaires avaient également tenté de contrôler des sites stratégiques, dont le palais présidentiel et la télévision nationale, sans y parvenir. Ils comptaient sur le ralliement d’autres unités, qui ne s’est finalement pas produit.

Des forces engagées contre les groupes jihadistes

Les forces spéciales représentent l’élite de l’armée nigérienne. Elles combattent notamment l’État islamique et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), dans la région des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Elles participent aux opérations antiterroristes « Niya » et « Almahaou ».

Selon plusieurs analystes, ces unités ont exprimé ces derniers mois leur frustration face aux pertes enregistrées dans la lutte contre les groupes jihadistes. Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, estime que le départ de la mutinerie au sein de l’armée révèle des tensions internes.

Interrogé dans le cadre de son analyse, il a déclaré que la menace n’était, cette fois, pas venue de groupes jihadistes extérieurs, mais de militaires nigériens. Il a également estimé que le recours à un partenaire étranger pour rétablir l’ordre témoignait d’une armée divisée.

L’Africa Corps sollicité pour reprendre la base

Pour reprendre le contrôle de la base 101, les autorités nigériennes ont demandé l’intervention de l’Africa Corps. L’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, a indiqué à Sputnik Afrique que cette aide avait été sollicitée afin de réprimer la mutinerie, une information rapportée par RFI Afrique.

Bakary Sambe affirme de son côté que le commandement nigérien de la base avait directement sollicité les Russes. Il rapporte ensuite la venue d’une délégation militaire de haut niveau pour les remercier officiellement.

Cette implication russe intervient après un précédent épisode sécuritaire en février 2026. Le ministère russe des Affaires étrangères avait alors reconnu la participation directe de ses troupes à la riposte contre l’attaque de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, menée conjointement avec les forces armées nigériennes.

Les deux précédentes attaques contre la base 101, en janvier et en juin 2026, avaient été attribuées à des groupes jihadistes extérieurs.

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