À Dakar, les motos Jakarta sont devenues un moyen de transport incontournable pour éviter les embouteillages. Mais leur forte présence sur les routes s’accompagne d’une hausse préoccupante des accidents, relançant le débat sur la sécurité.
L’État a pourtant renforcé la réglementation : port obligatoire du casque, exigence d’un permis de conduire, d’un certificat de conformité et d’une assurance. Des radars ont été déployés sur la VDN pour contrôler les excès de vitesse. Malgré ces mesures, les collisions impliquant ces deux-roues continuent de se multiplier.
Selon un reportage de pressafrik, plusieurs acteurs de la route livrent leur constat. Alioune Gueye, conducteur de Jakarta âgé de 28 ans rencontré à Sahm, pointe les comportements à risque. « Beaucoup de conducteurs ne respectent pas les règles et certains ne connaissent même pas le Code de la route. Ils sont tout le temps à la recherche de raccourcis et prennent des sens interdits, ce qui cause souvent des chocs », déplore-t-il.
Chez les automobilistes, l’exaspération est palpable. Ibrahima Diagne, 35 ans, chauffeur de taxi à Sacré-Cœur, accuse les motos Jakarta d’être à l’origine de nombreux incidents. « Ils font ce qu’ils veulent, heurtent nos voitures, cassent nos vitres et ne respectent rien. Le plus souvent, ce sont eux qui causent les accidents », affirme-t-il.
Malgré ces critiques, les Jakarta restent prisées pour leur rapidité. Rama Ndiaye, 25 ans, passagère régulière, reconnaît leur utilité mais appelle à la vigilance. « Certains conducteurs roulent trop vite et prennent des risques. En tant que passagers, nous devons exiger le respect des règles », insiste-t-elle.
Sur le terrain, les secouristes constatent la gravité des conséquences. Abdoulaye Sarr, secouriste, rapporte une hausse des interventions pour des accidents de Jakarta. « Les victimes souffrent souvent de fractures et de traumatismes crâniens. Le non-port du casque aggrave les blessures dans de nombreux cas », explique-t-il.
Modou Faye, agent de contrôle routier sur la VDN, confirme que l’excès de vitesse, les dépassements dangereux et le non-respect du Code de la route sont les principales causes de ces drames. Face à la recrudescence des accidents, des mesures restrictives ont été adoptées, comme à Diamniadio où un arrêté du sous-préfet interdit la circulation nocturne des motos Jakarta depuis le 17 juillet 2026.
