La Coupe du monde 2026 a débuté ce jeudi 11 juin dans une atmosphère lourde de tensions. Alors que les premières rencontres se jouent aux États-Unis, au Mexique et au Canada, la politique migratoire du président Donald Trump jette une ombre sur l’événement. Selon un rapport d’Amnesty International publié fin mars, le Mondial risque de devenir une « scène de répression ».
Les incidents se multiplient depuis plusieurs jours. L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, élu meilleur arbitre africain en 2025, a été refoulé à l’aéroport de Miami malgré un visa en règle, après onze heures de contrôle. La Somalie figure sur la « liste noire » des 75 pays visés par le décret migratoire de Trump. La FIFA a indiqué ne pas pouvoir intervenir sur les décisions migratoires américaines, comme l’a rapporté Ladepeche.
Les joueurs sénégalais n’ont pas été épargnés : des vidéos sur les réseaux sociaux montrent la délégation inspectée sur le tarmac, fouillée et passée aux détecteurs de métaux dès la descente de l’avion. Des supporters sénégalais, ivoiriens et haïtiens se voient également refuser l’entrée sur le territoire américain en raison des restrictions. L’équipe d’Iran, contrainte d’installer son camp de base à Tijuana, au Mexique, ne peut traverser la frontière que le jour de ses matchs.
La contestation gagne aussi le personnel des stades. À Los Angeles, près de 2 000 employés du SoFi Stadium — où huit rencontres sont prévues, dont des matchs des États-Unis — ont voté à 96 % en faveur d’un préavis de grève. Ils réclament des hausses de salaires, de meilleures conditions de travail et surtout l’assurance que l’ICE, la police de l’immigration américaine, ne sera pas déployée dans l’enceinte. Des mouvements similaires émergent à Seattle et à Philadelphie, où des employés d’hôtels menacent de cesser le travail pendant la compétition.
L’administration Trump a qualifié l’ICE d’« élément clé » du dispositif de sécurité du Mondial, ravivant les craintes d’une compétition marquée par les polémiques.
