« Les grands événements sportifs sont censés être des moments où le monde se rassemble dans l’unité et la paix », a déclaré mercredi Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, à la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026. Mais à quelques heures du premier match, c’est un tout autre tableau qu’il a dressé devant la presse, dénonçant les politiques migratoires américaines.
Selon lui, le profilage racial, la surveillance et les mesures coercitives agressives affectent déjà équipes, officiels et supporters. Il a appelé à une « refonte majeure » des politiques d’immigration et de sécurité des États-Unis, sous peine de ternir l’image du tournoi coorganisé avec le Canada et le Mexique.
Incidents concrets : Iran, Somalie, Sénégal
Pour étayer son propos, Volker Türk a cité plusieurs faits précis. L’équipe nationale d’Iran a dû déplacer son camp d’entraînement de l’Arizona vers le Mexique après que certains responsables iraniens se sont vu refuser un visa. Un arbitre somalien accrédité par la FIFA s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain pour des « préoccupations liées au contrôle de sécurité ». Et des images montrant un joueur sénégalais fouillé par le personnel de sécurité sur le tarmac d’un aéroport américain ont circulé.
Les supporters ne sont pas épargnés. Des fans venus du Maroc et d’Écosse ont signalé que leurs documents de voyage avaient été refusés ou révoqués peu avant leur départ, malgré des déplacements organisés à grands frais.
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte déjà tendu. En mars dernier, le programme pilote « Visa Bond » exigeait une caution remboursable allant jusqu’à 15 000 $ pour certains demandeurs de visa touristique ou d’affaires, notamment des ressortissants africains. Par ailleurs, un gel des visas pour 75 pays, dont l’Iran, Haïti, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, avait été décrété, suscitant l’inquiétude des supporters étrangers. Selon une analyse de news.un.org, ces mesures restrictives pourraient affecter des milliers de voyageurs.
« J’espère qu’il sera mis fin à la déshumanisation de l’autre, à la déshumanisation des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile », a poursuivi Volker Türk, ajoutant que « personne ne tire profit de discours clivants et polarisants ».
