Mères, nouveau-nés et dépistage : les trois priorités de la lutte contre l’hépatite au Sénégal…

Le Sénégal a profité de la Journée mondiale contre les hépatites pour réaffirmer son ambition d’éliminer les hépatites virales comme menace de santé publique d’ici à 2030. Au-delà du bilan des actions engagées, les différents intervenants ont lancé un appel à renforcer le dépistage précoce, considéré comme le principal levier pour réduire les nouvelles infections et éviter les complications.

Invitée d’honneur de la cérémonie, la Première Dame, Absa Faye, a insisté sur la protection des femmes enceintes et des nouveau-nés. Saluant les progrès réalisés grâce à la décentralisation de la prise en charge, à l’extension du dépistage et à l’amélioration de la couverture vaccinale, elle a rappelé que la transmission de l’hépatite B de la mère à l’enfant peut être évitée. « Chaque mère protégée est une famille préservée », a-t-elle déclaré en présence de la représentante de l’association Safara Hépatites, Fatou Guirane .

Le représentant du ministre de la Santé a, pour sa part, rappelé que les hépatites demeurent un défi majeur de santé publique malgré les avancées enregistrées. Il a présenté les priorités du nouveau Plan stratégique national 2026-2030, qui prévoit le renforcement du dépistage, la vaccination systématique des nouveau-nés dès les premières heures de vie, l’élargissement de l’accès aux traitements et la poursuite de la décentralisation de la prise en charge.

Le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Mady Ba, a souligné que les hépatites virales continuent de provoquer près de 1,3 million de décès chaque année dans le monde. Estimant que « l’élimination n’est plus une ambition théorique », il a salué les efforts du Sénégal, notamment l’adoption de son Plan stratégique national intégré de lutte contre les hépatites 2026-2030 et les progrès réalisés dans la vaccination contre l’hépatite B.

Le coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites, Pr Modou Oumy dit Bamba Kane, a rappelé que l’hépatite B touche encore entre 6 % et 10 % de la population sénégalaise. Selon lui, le dépistage constitue la porte d’entrée vers la prévention et les soins. « Lorsqu’une personne est négative, elle doit être vaccinée. Lorsqu’elle est positive, elle doit bénéficier rapidement d’une prise en charge afin d’éviter les complications », a-t-il expliqué.

Les associations de patients ont également appelé à lever les obstacles qui limitent encore l’accès aux soins, notamment le coût des examens et des médicaments, tout en plaidant pour une meilleure information des populations afin de combattre la stigmatisation.

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