À Ziguinchor, le Mémorial du Joola entend transmettre l’histoire du naufrage, au-delà de sa fonction de lieu de recueillement. La région compte 971 victimes sur les 1 863 officiellement recensées. Le navire, conçu pour environ 500 voyageurs, transportait une charge qui dépassait ses limites. Le drame s’est produit vers 23 heures, mais la Marine nationale n’a été alertée qu’à 7 heures et les secours ne sont arrivés sur place qu’à 18 heures.
Sokhna Gaye Fall, administratrice du site, souligne son rôle dans l’apprentissage et la transmission de cette histoire. Depuis son ouverture, le Mémorial accueille des visiteurs de différents horizons : entre décembre 2025 et septembre 2026, près de trente nationalités s’y sont rendues. Lors de la 24e commémoration à Ziguinchor, le Premier ministre Mouhamad Al Aminou Lo a rendu hommage aux victimes et aux familles endeuillées, appelant à la vigilance. Le souvenir du Joola est aussi présenté comme un repère pour l’avenir et une part de la conscience nationale.
Pour cette commémoration, l’établissement veut donner une place centrale à la liste nominative des victimes, jusqu’ici accessible en version virtuelle. La collecte et l’enrichissement des collections doivent aussi se poursuivre. Dans un entretien accordé au Soleil et rapporté par Xibaaru, Sokhna Gaye Fall a insisté sur la nécessité de documenter et d’étoffer davantage l’exposition afin de nourrir le devoir de mémoire et de vérité. Cette transmission répond aussi à une attente des familles et des rescapés : certaines victimes n’ont toujours pas de sépulture, et ils demandent que les ossements reposant encore au fond de l’océan soient renfloués pour être réunis dans un reliquaire au Musée-Mémorial du Joola. Le lieu doit permettre aux familles de se recueillir, aux visiteurs de se souvenir et aux jeunes générations de connaître cette histoire.
Parmi les pièces conservées au Mémorial figurent les deux hélices du Joola, qui pèsent environ une tonne chacune.





