À Ziguinchor, le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a affirmé que le naufrage du Joola demeure une mémoire que l’État ne peut effacer. Il s’exprimait lors de la 24e cérémonie de commémoration. Le naufrage du 26 septembre 2002 a fait 1 863 victimes et laissé 64 survivants.
Le chef du gouvernement a inscrit le Joola dans la conscience nationale et a présenté ce souvenir comme un repère pour l’avenir. Il a expliqué que le mémorial doit permettre aux familles de se recueillir, aux visiteurs de se souvenir et aux jeunes générations de connaître cette histoire. Pour les familles et les rescapés, le devoir de mémoire passe aussi par le renflouement des ossements qui reposent encore au fond de l’océan, afin qu’ils rejoignent un reliquaire au Musée-Mémorial du Joola. APS rapporte également son appel à faire du mémorial un rappel durable des responsabilités des responsables publics.
Cette mémoire donne aussi lieu à un bras de fer politique. Des députés de Pastef ont fait adopter en commission trois propositions de loi malgré l’opposition du gouvernement. Le débat sur le Joola ne se limite donc pas aux cérémonies : il porte aussi sur les décisions publiques et la manière de répondre aux demandes des familles.
Pour Mouhamed Al Aminou Lô, la responsabilité liée au drame est à la fois individuelle et collective. Il a évoqué les règles insuffisamment respectées, les alertes ignorées et les responsabilités qui se dispersent, et a appelé à un changement de comportements.
Le Premier ministre a aussi cité les dangers toujours présents : pirogues de pêche surchargées, embarcations de fortune empruntées pour l’émigration irrégulière et liaisons fluviales ou maritimes insuffisamment contrôlées. Il a estimé que la leçon du naufrage reste d’actualité tant que perdurent les comportements qui ont conduit à la tragédie.
Dans son hommage, il a salué les pêcheurs qui ont porté secours aux naufragés, ainsi que le personnel de santé, les forces armées, les forces de défense et de sécurité et les volontaires mobilisés après le naufrage.
Avant la cérémonie, Mouhamed Al Aminou Lô s’est recueilli au cimetière de Kantène, dans la commune de Niassya.





